Jipihorn's Blog

avril 18, 2006

Le beau dégradé de distorsion

Filed under: Uncategorized — jipihorn @ 2:57

Le dégradé de distorsion dans les amplis de puissance, voilà bien un sujet audiophile par excellence dont la somme d’information disponible actuellement (pas énorme en fait, ou souvent peu crédible) comporte son lot de postulats et raccourcis saisissants, de démonstrations non vérifiées et des bases de statistiques suspectes comme certaines revues américaines, et des commentaires à l’emporte pièce érigés en vérités premières.
Le sujet est un fouillis tel que je ne sais par où le prendre.
En ce qui concerne la production d’harmoniques de rang élevé dans les amplis à faible distorsion, je pense que la plupart des gens qui tartinent là dessus n’ont aucune expérience du sujet ou une expérience parcellaire, ou n’ont simplement aucune idée de ce que ça représente. Il faudrait que ces personnes se procurent un bon distorsiomètre, apprennent à s’en servir, et fassent quelques mesures sur n’importe quel ampli à transistors du commerce, qui ne soit pas une crasse ou en panne bien sûr. Je suis sûr qu’avec un distorsiomètre/ carte son de PC on pourrait déjà tirer quelques conclusions, quoique ce serait mieux si la mesure allait plus loin genre résolution de 0.001%. Pour bien voir les phénomènes il faut encore un zéro en plus, résolution de 0.0001% et le générateur qui suit, avec une résiduelle à 0.0005% ou mieux. Ca permet uniquement de détecter certains problèmes de fonctionnement genre pannes intermittentes difficiles à déclencher, mais en ce qui concerne l’oreille, on est bien en dessous du seuil de détection. C’est pourtant la bonne échelle où on peut détecter les harmoniques de rang élevé, des craquements et parasites la plupart du temps.
Moi ce que je constate c’est que les harmoniques de rang très élevé, quand ils deviennent audible pour une raison x ou y, sont des parasites qu’on ne peut pas masquer avec de la h2, h3 h4 ou plus. Ce sont par exemple les résidus de distorsion de croisement ou de transfert non linéaire dans les transistors de sortie, qu’on voit sur les amplis de sono à pas cher ou dans certains matériels des années 80 « ésotériques » avec peu de cr ou supposés tels, ou des amplis pas chers qui ont 4 transistors dans le schéma, ou des amplis en panne qui n’ont plus de courant de repos. (Attention on peut faire un bon ampli avec 4 transistors, là n’est pas le sujet).
En tout cas l’idée la plus fausse est de dire qu’un ampli à transistors avec de la contre-réaction donne des harmoniques de rang élevé à un taux gênant, moi je ne l’ai jamais remarqué, sauf sur des amplis en panne ou de sinistres bricolages. Par contre des amplis à transistors avec peu de cr ça donne de la distorsion pas propre si les transistors de sortie sont des modèles pas bien linéaires.
Ceci pour les résidus de rang élevé.
Il y a aussi les distorsions de rang moins élevé.
En ce qui concerne l’audibilité de la h2, moi, personnellement, je trouve qu’elle n’est pas moins gênante que la h3, il en faut plus pour qu’elle devienne audible mais c’est tout.
On oublie aussi que la distorsion harmonique génère de la distorsion d’intermodulation, donc à priori j’aurais tendance à chercher à la réduire plutôt qu’à essayer d’en avoir.
Je crois que cette notion de gradation en qualité en fonction du dégradé harmonique est liée au seuil de détection qu’on a pour la distorsion. (Mis à part le fait que la distorsion s’établit en dégradé harmonique quand on ne cherche pas à la réduire). Pour la H2 il faut 1.5%, la H3 0.7%, la h4 0.4% (c’est un exemple, ça dépend en fait du niveau et de la fréquence) pour que ça devienne audible. Il y a eu un amalgame avec ça et plein d’autres notions qui ont détourné le sens premier, comme d’habitude. Ce serait intéressant de rechercher à partir de quel moment on a commencé à dire que la distorsion H2 était bénéfique et pourquoi. A mon avis c’est un sens détourné de l’info première qui est : »On peut tolérer de la H2 parce qu’elle est assez discrète et parce qu’on ne peut pas faire autrement. Pour la H3 il faut y faire attention car on l’entend mieux et elle est plus difficile à annuler dans les circuits ».
Une remarque au sujet de la production de H2 par l’oreille à niveau élevé. J’ai vu plusieurs fois cet argument avancé pour justifier la production de H2 dans le matériel d’amplification. Dans quel sens reçoit-on la distortion, s’ajoute-t-elle à celle de l’oreille ou se retranche-t-elle, je suppose que le résultat final est différent et que l’application ou l’effet recherché est différent selon le sens de la distorsion en H2. (Vu que la distorsion en H2 est un résidu asymétrique qui peut se retrancher quand on ajoute son inverse, contrairement à la H3 qui est symétrique et qui s’ajoute). J’ai commencé à faire il y a quelques temps des tests à ce sujet très intéressant, qui ne sont pas finis, la première conclusion est que les choses semblent ne pas être aussi simples et que l’oreille n’entend pas se laisser faire quand on cherche à annuler ses produits de distorsion, en fait l’oreille produit bien d’autres résidus et fréquences, qui sont éloignées de l’harmonie, ce qui rend toute généralisation et raccourci difficile.
A suivre.

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