Jipihorn's Blog

juillet 15, 2006

The american way of wines…

Filed under: Uncategorized — jipihorn @ 12:13

Datacolor est une société spécialisée dans (on s’en serait douté) la couleur sous toutes ses formes. Cette société produit entre autres ColorFacts utilisé pour la calibration des vidéo projecteurs. Un partenariat étroit nous lie et étant nommé « expert couleur » depuis plusieurs années déjà, me voila débauché pour aller faire une petite virée dans le coin de Princeton histoire de faire le point sur nos développements.

Je peux enfin souffler un peu en ce qui concerne les légendaires excès que ce pays peut proposer à tous niveaux. En dehors de tous ces accessoires de la vie courante destinés à limiter le plus possible les moindres efforts, les douches au débit d’eau gigantesque que l’on ne peut pas régler et les maisons bourgeoises de Princeton, il en est un domaine ou la surprise a été grande : les vins californiens.
Ayant la chance d’être parti avec mon chef dont la stature n’a d’égale que son appétit, on a pu tester chaque soir différents breuvages typiques du cru.
Laissant tomber le chauvinisme de rigueur, je dois admettre que tout ce que j’ai bu sur place était d’un rapport qualité/prix largement au delà de ce que je peux rencontrer ici dans le bordelais. Certes, la notion d’appellation n’est pas vraiment comparable et je ne peux guère mettre au même niveau un médoc et un vin de cépage US. Néanmoins, ici, mon seul critère est celui du plaisir de boire un vin avec un mets de haute qualité.
Oui, il faut l’admettre. Dans les restaurants de bonne tenue, le niveau de qualité est aussi supérieur en moyenne à nos établissements. Le service est incomparable, nous avons de vraies leçons à prendre à ce niveau. La catégorie nourriture grasse et sucrée existe et est bon marché. Mais ce n’est qu’un aspect des choses (condamnable sans doute). A gamme de restaurant analogue, nous n’avons certainement pas de leçons à leur donner. La cuisine est différente, avec quelques clins d’oeil à la France, mais la qualité des matières premières, la préparation, la présentation, les quantités, tout est à leur avantage. Je en vais pas généraliser car il est possible que ce soit moins marqué ailleurs aux US. Néanmoins dans une petite ville genre Princeton, la surprise a été grande.
Au delà des plats, les vins ont été tout aussi étonnants. Les vins de cépage sont très courants et notre choix a plutôt été orienté vers des variétés plutôt universelles comme le chardonnay et le merlot. Elles se marient particulièrement bien avec leurs viandes et pour les apéritifs.
Il faut bien voir ici que la démarche n’est pas celle des grands crus, car la complexité n’est pas spécialement de mise. Ce sont des vins boisés, alcoolisés et gras. Néanmoins, ils ne sont pas plus caricaturaux que ça et si l’on s’en tient purement au niveau plaisir, il n’y a pas photo. Je n’ai pas honte de sombrer dans la facilité car dans le monde du vin, tous les aspects méritent attention. Mais en regard du prix, on est très loin des sempiternels Saint-émilion ultra surfaits ou Margaux insipides de même gamme (je ne parle même pas des Bourgognes).
Je suis certain que de servir ces vins sans les nommer à une bonne table risque de surprendre considérablement…

A princeton, obtenir une licence pour la vente d’alcool est très difficile. Certains restaurants l’annoncent directement à l’entrée et proposent aux gens d’aller acheter une bouteille chez le caviste du coin et de la ramener. Le service de débouchage est gratuit et le prix est sacrément réduit ! Nous avons acheté un Rutherford Hill 2002, merlot de la Napa Valley pour $23 (ce qui n’est pas une entrée de gamme) qui était absolument excellent, en tout cas aux antipodes d’un vin de restaurant à 20€. A quand cette possibilité généralisée en France, même avec une petite somme forfaitaire de service ?

Les américains sont excessifs un peu partout, mais ils ne sont pas plus stupides que les autres. Ils savent faire des bonnes choses, malheureusement réservées à une classe moyenne, ce qui est une autre histoire. Sans tomber dans les restaurants où la notion de qualité est strictement liée à la quantité (ce qui est vraiment sans intérêt), le reste est une expérience ma foi particulièrement intéressante et rabaisse un peu le caquet du franchouillard un peu chauvin qui a tendance à généraliser… Il faut simplement être raisonnable et critique, mais pas extrémistes.

Je conseille tout de même de jeter un coup d’oeil au documentaire « Mondo Vino », car même si je suis un peu du coté américain pour cette fois, il faut rester vigilants, car ces plaisirs immédiats sont avant tout des objets de marketing bien ficelés !

J.
Le chardonnay 14 hands est aussi très bon (Vin de Washington et non de Californie) . Mais la palme revient au Chardonnay Sebastiani Sonoma County 2003. Un vin disponible à moins de 10$ qui tient la dragée haute à pas mal de blancs de la cote de Beaune, absolument allucinant.

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