Jipihorn's Blog

décembre 19, 2006

Et pendant ce temps…

Filed under: Uncategorized — jipihorn @ 1:14

A Athènes se trouve une association d’audiophiles dont le site internet est assez connu, car décrivant des systèmes du monde entier.
A priori, ils ont quelques moyens car ils se sont payé les services d’un professionnel pour faire leur petit film (an anglais) sur les audiophiles de là-bas (avec en prime un texte associé).

Leur vision de l’audiophile ultime semble être assez spécialisée : tubes, vinyle, gros moyens et démarche ésotérique.
Avec en prime cette suffisance bien caractéristique de « l’oreille d’or » (terme impropre) qui entend l’indécelable.

Ce film semble donner les conseils de ces gourous qui savent pour ce qui est vraiment important dans le système (le secteur à 50%, le rack à 30%, etc…). Malheureusement, ce sont encore et toujours ces mêmes ressassées qui ne font que mettre à jour la faiblesse des connaissances de base. Tant qu’ils penseront que le secteur fera 50% du son, ils feront la joie des vendeurs qui se feront une joie de leur fournir l’accessoire qui tue pour quelques dizaines de milliers d’euros supplémentaires.

Ce film montre bien cet aspect symptomatique des audiophiles subjectiviste aisés qui achètent et fabriquent des objets souvent jolis, très chers avec la certitude de la pertinence de la choix, bien que celle-ci soit souvent proche du zéro.

En tout cas, ca n’est pas avec ça que le nouvel audiophile, raisonnable, avec un minimum de culture technologique et de perception acoustique va essayer de s’imposer…

Malgré ça, ce film est très drôle, mais ca n’est pas vraiment voulu à priori…

Jipi.

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décembre 10, 2006

Sacré Stradivari…

Filed under: Uncategorized — jipihorn @ 1:33

Il y a des périodes comme ça où un sujet sort subitement du silence.
Simultanément, Les violons de Stradivari sont à l’honneur sur France 5, repris par des forums audio et par l’incontournable commentaire hebdomadaire de James Randi.
Ce commentaire est intéressant car il met à jour quelque chose de courant en audio : les légendes. Il met en effet en doute la supposée supériorité de ces instruments par des citations de musiciens compétents dans le domaine. L’émission de France 5 sème aussi le doute, sachant que l’auditoire supposée reconnaître ce fameux instrument en se basant uniquement sur des critères expressifs n’ont pas choisi le Stradivarius (au grand contentement du luthier qui était présent !).
Etrange de voir à quel point, toutes ces années, une énergie considérable a été dépensée pour essayer de percer le secret de la qualité des violons Stradivari, sans finalement se poser la question de l’existence de cette qualité unique !
C’est pourtant quelque chose qui fait partie des fondements de la recherche scientifique : l’effet supposé est-il patent, reproductible et fondé ?
Maintenant, remplacez “les violons de Stradivari sont les meilleurs” par “les haut parleur haut rendement à membranes légère sont les plus rapides, donc les plus dynamiques, donc les meilleurs ».
Maintenant, un mot sur cette émission qui a été rediffusée ce samedi (visible sur le site de la chaîne). Dommage que le téléspectateur n’ait pas été dans les conditions pour juger des vraies différences entre violons. En effet, l’écoute successive se fait dans la continuité du morceau (et non la même chose), avec des interprètes alternés (deux joueurs ont été utilisés pour le test) et des prises de son forcement un peu différentes (positionnement).
Donc, si vous avez essayé de chercher le Stradivarius, cela suppose pas mal de choses :

  • Vous connaissez parfaitement les sons des Stradivarius disponibles (qui évidement n’ont pas tous le même son), ou tout du moins celui qui est utilisé durant l’expérience.
  • Vous connaissez les interprètes et le résultat de leur jeu sur les Stradivarius.
  • Vous arrivez à séparer les différences dues aux conditions de ce qui est propre à l’instrument.
  • Vous arrivez à reconnaître l’instrument en quelques secondes sur un jeu très limité (quelques notes sur une ou deux techniques de jeu)
  • En gros, vous pouvez dire ce que vous voulez, la valeur du jugement est … nulle. Mais bon, sur un auditoire pas trop regardant, vous pouvez passer pour un vrai spécialiste. Vive le subjectif et l’invérifiable…

    Je devrais demander à Philippe Viboud le bon numéro et le livrer en disant que je l’avais reconnu. La, ca serait la classe.

    Jipi.

    décembre 5, 2006

    Enfin un peu de bon sens…

    Filed under: Uncategorized — jipihorn @ 9:51

    L’ineffable forum de l’audiophilie des gens heureux a cette fois-ci cité un lien extrêmement intéressant car mettant en avant les vrais problèmes à résoudre dans un système hifi.
    Au grand dam des audiophiles purs qui pensent que le son se fait avec un câble.
    La société Gradient, qui fabrique des produits un peu hors norme, relate une expérimentation qui est en totale concordance avec la réalité des choses, mettant une juste valeur au points réellement importants.
    La conclusion est sans appel : tant que l’on a pas une salle d’écoute digne de ce nom, ça n’est pas la peine de croire avoir quelque chose de correct.
    Evidement, l’expérience qui tue consistant à comparer son direct/son enregistré sur système en salle sourde va faire rire aux éclats l’audiophile aux oreilles affûtées qui entend le son des fusibles. Et pourtant, je pense réellement que les résultats sont conformes à la réalité.
    Le problème est que ce résultat et ses implications sont extrêmement dangereux pour les fabricants de matériel « audiophile » car ils ne font que réduire à néant le discours bien rodé du marketing appliqué à cette niche. Des sources de bonne qualité, des amplis aux mesures standard et des enceintes bien conçues sont intrinsèquement suffisants pour avoir une fidélité largement supérieure à bien des systèmes hors de prix. Malheureusement, il est beaucoup plus facile, lorsque l’on a des moyens, d’acheter du matériel cher et se persuader que ça va marcher, plutôt que de gérer un vrai traitement acoustique de salle qui ne se réduit pas à mettre du liège, des tapis de coco et trois diffuseurs de Schröder inutiles, avec une peinture super clean et du mobilier design. Acheter ne réclame aucune compétence. Penser une salle est très difficile si l’on souhaite une optimisation de haut niveau.
    Heureusement que le cerveau arrive à compenser certains défauts, ça permet de continuer à vendre du l’inutile et faire du chiffre.

    Maintenant, juste pour rigoler, essayez ce test :

    Mesurez avec un bon micro votre système en position d’écoute sur un enregistrement mono.
    Gravez sur un CD la plage d’origine et le morceau enregistré tout en faisant bien attention d’égaliser les niveaux.
    Comparez au casque.

    Chez Thierry, qui a une excellente salle, les résultats confirment les conclusions de Gradient. Chez moi, avec la grande baie vitrée, les murs béton et la moquette fine, je ne préfère même pas en parler… On n’en reparlera quand j’aurai déménagé

    A ajouter aussi, au delà de la salle, la régularité de la bande passante est primordiale. Bien plus que d’essayer d’égaliser des temps de propagation de groupe ou la distorsion globale. Même si ces paramètres jouent, ils doivent être réglé après et certainement pas être mis au même niveau.
    La légende des audiophiles qui sont plus sensibles à ces distorsions que les autres a la peau dure. Car au delà de la propension à toujours affirmer que l’on entend des différences (ce qui est invérifiable), je ne vois pas d’où sort ce genre d’affirmations (en dehors d’un pur contexte de prétention impossible à vérifier).

    A tester en double aveugle, juste pour rigoler.

    Jipi.

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