Jipihorn's Blog

juin 2, 2009

Les composants importants

Filed under: Audiophilie, Bricolage, Electronique, Fondamentaux — jipihorn @ 8:09

Dans les esprits tordus des bricoleurs audiophile, on a les composants électroniques qui sont devenus des incontournables et ceux qui sont lâchement ignorés. Composant au sens large, allant du câble au transistor en passant par les circuits imprimés. Il est marrant de voir la très forte corrélation entre la liste actuelle et celle qui a été pendant des années présentées dans feu la revue l’Audiophile. Comme quoi, comme d’habitude, les choses n’évoluent guère dans le monde de la pseudoscience. D’un autre coté on a aussi une sorte de classement dans l’aura de certains composants par rapport à d’autres quand on a le choix. Je ne parle pas d’ici de marques pour un type de composant, mais entre deux différents (par exemple condensateur contre transformateur).

Les fournisseurs ne s’y sont pas trompés, voyant une manne non négligeable issue de cette petite population qui est capable de débourser des sommes colossales pour un effet proche du néant dans le monde réel. Même les marques s’y sont laissées prendre comme Rubycon, Nippon Chemi-con, Alps, Burr Brown ou Mogami. Toutes ont une gamme « audiophile », qui a demandé une R&D nulle grace à un recyclage de leur technologies classiques avec de belles gaines et de la dorure l’argenture partout (oui, je sais, il y a encore des ignorants pour croire que l’argent, c’est bien). Un peu de marketing, une utilisation par quelques marques classé A dans Stéréophile et c’est parti.

Le problème, c’est que la majorité des composants adulés n’ont aucun effet réels. En double aveugle, aucun subjectiviste ne serait capable de différencier un Soshin Mica Argent (vous savez ceux de 0.4 uF qui étaient à 999F chez Radio MJ dans les années 80) d’un 0.39uF avec plein de couleurs de l’époque (vous savez Orange, blanc, jaune, rouge pour du 250V) à 50 centimes chez HBN. Je ne parle pas des amplis op dont tout le monde parle mais dont on a jamais encore vu de preuve de la différence à l’écoute. Y a un million de dollars à gagner, je le rappelle…

Les câbles, vous savez ces belles gaines fabriquées sous licence par les gros tréfileurs et réétiquetées « Quantum sound cable research », n’ont toujours pas trouvé de travaux probants montrant un quelconque mystère. Je ne parle pas des câbles numériques dont l’impact sur l’écoute est proportionnelle à la stupidité et l’ignorance de ceux qui le décrivent. Ou encore moins des résistances au tantale qui font plus pour monter le cours des métaux rares qu’à donner une qualité quelconque à un montage.

Pourtant, il existe des composants qui sont fondamentalement importants et/ou qui ont un impact direct avec le résultat. Le plus connu est le transformateur de sortie, vous savez, ce mal nécessaire des amplis à tubes conventionnels dont on ne sait pas faire passer leur qualité de pitoyable à moyenne (par rapport au modèle idéal). Je ne parle pas des transfos d’alimentation et de cette légende urbaine de la supériorité du R-Core sur le torique. Si vos transfos d’alim changent votre son, c’est que votre montage est pourri et/ou votre câblage est ridicule.

Les semi-conducteurs sont fondamentaux, évidement, mais le succès est directement lié au choix du modèle adapté pour une utilisation donnée, choix généralement multiple qui permet aussi d’incorporer la notion de disponibilité dans le temps et de prix. Il n’y a pas vraiment de secret là-dedans. J’espère que l’on a dépassé le syndrome Kanéda, passé maitre pour choisir le composant le plus improbable tout en faisant croire (ou laissant ses ouailles penser) qu’il est le seul valable pour la tache (de base) donnée. Tout ceci pour des montages qui sont plus évolués que ceux de Sakuma (c’est pas vraiment difficile) , mais dont on cherche bien où est le mystère tant ils sont finalement assez classiques un fois dépouillés de ce qui fait diversion (à une ou deux exceptions près qui montre qu’il est compétent). Je sais, je sais, on va encore me reprocher de m’attaquer à une légende vivante, mais la magie de Kanéda ne vient pas de Kanéda lui-même mais de l’image que ses admirateurs ont fabriqué de toute pièces. On parle d’art à son égard, mais bon… Personnellement, quand je vois la qualité de ces circuit imprimés à trous et la fabrication d’amateur qui en dégage, ça n’est pas tout à fait ce qui me vient à l’esprit. Je sais, je ne peux pas comprendre, je suis trop pragmatique. Et puis, il a fait vendre des Soshin et des Taitsu (très jolis) au grand bonheur de Radio MJ… Néanmoins, il est certain à 99.9% que personne ne pourrait différencier un préampli phono Kanéda d’un pauv’montage à un NE5532  si il respectent tout les deux la courbe RIAA correctement et leur gains ajustés. Y a un million de dollars à gagner la aussi car on a, la aussi, une découverte scientifique majeure (une parmi tant que les subjectivistes de tout poil ont dans leur besace, bien cachée pour éviter d’aller vérifier)…

Un autre composant largement sous estimé est le potentiomètre. Soit il est ignoré, soit on s’attaque au faux problème. Son premier point faible est sa fiabilité, car c’est aussi une pièce mécanique. L’autre, et c’est la ou je veux en venir, est la totale loterie quant à la valeur et le respect de la loi (linéaire, log…). Pour le Linkwitz réglable, il faut des potentiomètres double. Les double intégrateurs doivent être synchronisé un minimum pour être fiables sur les valeurs attendues. Bon, personne n’aura l’idée saugrenue d’utiliser des potentiomètres carbone de bas de gamme, la piste à l’air et le curseur poilu de poussière. Il faut au moins, comme tout bon audiophile qui se respecte, du Sfernice P11 ou équivalent. Dans l’utilisation de réglage de paramètres, les lois sont souvent linéaires et donc le choix est plus restreint dans les gros modèles pour le réglage de volume genre Alps ou Cosmos. Pas évident non plus de trouver des versions à plot qui, de toutes façons, ne permettront pas de réglage sur des valeurs précises.

On se sent rassuré, les Sfernice (ou Bourns ou Spectrol) sont réputés, on peut dormir sur ses deux oreilles. J’en ai un lot de 9 doubles dans un coin et, tant qu’on y est , un petit passage à l’ohmmètre est de rigueur, histoire de prendre les deux paires les plus proches.

Et la, on se rend compte du degré du grand n’importe quoi. Soyons clair : sur les 9, seuls deux pourraient être considérés comme « limite utilisables ». Déjà, les valeurs. Elle sont données à 20% ce qui est lâche, mais quand on voit que c’est quasi systématiquement le cas sur les deux pistes, on se pose des questions. Mais bon, qu’importe, on peut étalonner sur le circuit et corriger en fonction. Ensuite la linéarité. Enfin, bon, passons, on doit au moins être à 20% d’erreur aussi. Quand on est au milieu, y a peu de chance d’être à la moitié de la valeur… A la limite, il suffi de graduer en façade selon ce que l’on a. Mais le plus gros problème, quasi insoluble celui la, est que les lois de linéarité ne sont absolument pas les mêmes d’une piste à l’autre. De la, il n’y a qu’une conclusion possible : on ne peut pas utiliser décemment ce style de potentiomètre dans un montage sérieux.

J’ai testé avec des versions logarithmiques et c’est encore plus affligeant. Seul un gros Alps (qui vaut une fortune) est précis et quelques autres (genre 1 parmi un lot de 5) sont à la limite de l’acceptable. En gros, l’image sonore va se balader en montant le volume. Génial non ? On voit que la production de masse n’est vraiment pas maitrisée quand il s’agit de faire des pistes à épaisseur variable.

J’ai testé aussi une version linéaire à 6 étages où la logique est étrange : systématiquement, y en a quatre qui sont très bien assorti et au moins un qui est à l’ouest. Oubliez le réglage de volume de vos DCX avec ça (mais, sauf si vous êtes sourds ou très chanceux, vous avez du vous rendre compte d’un problème). J’ai testé aussi des Cosmos simple piste de la grande époque qui sont tout aussi différents entre eux, dommage pour un réglage de volume. J’avais pas les moyens d’avoir des doubles, mais je n’ose pas imaginer.

Les potentiomètre standard cermet de « bonne qualité » sont des composants abominables lorsqu’il y a plus d’une piste, sauf à mettre le prix fort. Même le Alps « blue velvet » est à la ramasse (mais je n’en ai qu’un, j’ai peut -être pas eu de bol). De toutes façons, du multipiste à 20% de tolérance n’est pas digne d’être utilisés (pourtant à plus de 15€ la pièce…). Selectronic offre des 4 pistes à 5%, peut-être que c’est plus utilisable (mais gare au prix). Lorsque l’on veut régler un montage par de potentiomètres, comme un filtre actif, faut oublier ce type de matériel, ça n’est pas sérieux.

Alors, comment régler ce problème ?

La première solution : le sélecteur rotatif à 24 positions. Gare au prix. Ceux qui se sont fait arnaquer par les produits Dact me comprendront. On peut le faire soi-même avec la loi que l’on veut, avec de la patience. Des sélecteurs sont disponibles sur eBay pour 15-20$ la pièce en double galette. Le seul désavantage est que les positions sont fixées.

Deuxième solutions, celle que je vais choisir, aller fouiller dans les potentiomètres servo. Ces merveilles sont assez difficile à trouver, très, très cher achetées neuves. Ce ne sert pas à faire des résistances variable en soi, mais à connaitre une position angulaire, c’est à dire faire une loi en tension proportionnelle à un angle. La linéarité est meilleure que 1% et quelques résistances autour permettent de transformer une loi linéaire en quelque chose de plus tordu (pour du volume par exemple). Un fournisseur majeur dans le genre : surplus sales of nebraska (mais y en a plein sur eBay aussi). Les prix sont aléatoires et non corrélés avec la qualité intrinsèque.

Le potentiomètre est probablement le composant le plus sous estimé et pourtant, il a un impact qui est 100 fois plus important que les autres réunis. En y regardant de plus près, la qualité est basse, bien plus basse que prévue et oubliez ces petites crottes de P11, sauf pour du monopiste.

Ou alors, j’ai vraiment pas de bol…

Jipi

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