Jipihorn's Blog

janvier 5, 2010

L’intelligence des composants

Le Burson a fait exploser les statistiques du blog, ce composant médiocre (quelque soit sa version) est vraiment populaire !

Pour une fois, ca ne s’est pas vraiment étripé dans les forums. Peut-être que le fait de publier des preuves réelles de la conception grotesque de ces composants a ébranlé certains des défenseurs les pus bruyants, on n’en sait rien. Juste quelques messages plutôt tièdes, toujours avec le même argument : l’écoute n’a que faire des mesures.

Chose très rare ici, un des défenseurs des Burson a posté une paire de commentaires ici, commentaires courtois qui dénotent par rapport aux habitudes. C’est un moyen qui, à mon avis, donne (enfin) une image positive des contradicteurs qui veulent donner leurs arguments d’une manière plus intelligente. Ces commentaires sont d’autant plus utiles qu’ils sont une illustration des problèmes fondamentaux que l’on rencontre en audio.

Voici donc ces deux commentaires du même auteur :

les AOP classiques ne sont pas fait pour l’audio…et la distortion des tubes n’est pas terrible non plus, doit-on expliquer au gens qui ont des amplis a tubes de la mort qu’il faut les virer et ecouter des LME49722MA

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quoi qu’il en soit, je comprends bien qu’un burson ne sera pas l’ideal dans un detecteur de faux billets ou un portique d’aeroport…Burson dit “the way solid state was meant to sound”…lancer des tests THD c’est cool, mais pourquoi pas l’ecouter aussi?

sur mon casque MDR-CD3000, ca donne une coloration analogique envoutante…un soundstage a 360 degres, un espece de son surrealiste totalement addictif…comme certains le disent des amplis a tubes, ca donne l’impression que le son est en suspension…enfin bon, parler de musique c’est comme danser de l’architecture.

Reste que les amplis a tube sont surement ce qui se fait de mieux pdv rendu sonore pour pas mal de gens.

si le but c’etait le THD le plus bas…on ecouterait tous des LME49720/22? et si il existait une correlation(jeu de mot :D ) entre rendu sonore et THD, ca se saurait…non? en tout cas, pas mal de concepteurs de circuits et EE(genre Scott Wurcer le designer de l’AD797, un des meilleurs -sinon le meilleur- AOP que j’ai entendu) sont OK que la THD d’un datasheet hors contexte n’a aucune signification par rapport au rendu sonore(le GBW, le slew rate et le gain bcp plus).

en tout cas, ces AOP discrets donnent l’impression d’ecouter une bande analogique 2″…alors que c’est un bete PC en FLAC, je trouve ca assez troulcutant.

pour faire clair, c’est le “PRAT” qui est hallucinant sur ces AOP….on est oblige de hocher la tete et de taper du pied, je suis en train d’ecouter Shaft d’Isaac Hayes en DVD-A 24/96…ah, quel son :D

la voix grave granuleuse a mort d’Isaac, le hihat au centre jamais agressif, le tambourin a droite hyper detendu, la wahwah qui couine avec un gros son “tube”, les trompettes avec un son qui donne l’impression qu’elles sont jouees dans la piece ou je suis, les cordes qui semblent etre tout autour de moi….ecouter des composants musicaux avec seulement un oscilloscope ne me semble pas suffisant.

et a priori l’IMD n’a aucun interet puisqu’on ne jouera jamais qu’une seule modulation a la fois…je ne mixe pas avec mes Burson ;)

http://www.gearslutz.com/board/4432704-post5.html
“Actually, there were many scientific researches that proved that all variations of IMD, THD, THD+N tests, and all other specific tests can’t be used to say how well the sound is reproduced in terms of subconscious human perceptions.”

Le premier commentaire met en avant une curiosité typiquement audiophile : un signal audio est « spécial » et ne peut être traité comme un autre. Cette propriété venue de nulle part, sans aucune preuve scientifique ni étude sérieuse pour la confirmer est vraiment délirante. Un signal audio n’a rien de spécial en soit, c’est un signal électrique variable dans une bande de fréquence finalement très étroite. Ceci ne pose aucun problème électronique particulier. Ceci équivaudrait à doter les composant d’une sorte d’intelligence qui lui permet de discriminer un signal audio d’un autre. C’est totalement ridicule et un composant fonctionnera exactement de la même manière que le signal contienne de la musique ou pas. C’est marrant de voir à quel point les audiophiles surestiment la « complexité » de ce genre de signaux, alors qu’en fait les utilisations plus « critiques » des AOP en instrumentation par exemple ont des contraintes infiniment plus grandes car la moindre variation étrangère au signal aura des répercussions implacables sur le résultat. L’ouïe, elle, est tellement mauvaise et tolérante que c’est finalement très facile de faire quelque chose qui est perçu comme un fil droit avec du gain (même avec un Burson). Par ailleurs, effectivement, personne n’aura l’idée de changer ses amplis à tubes par des LME49722 : on remplace pas un ampli de puissance par un AOP, ça marche pas. Cet exemple est débile.

Le commentaire suivant continue dans la même logique absurde et jamais confirmée par des preuves. Les sensations subjectives décrites n’ont strictement aune valeur à mes yeux; on entre dans la notion de preuve anecdotique. Ces descriptions hautement suggérées ne sont que des produits de son cerveau, indépendamment des composants qu’il écoute. Il est certain à 99.99% qu’il serait incapable de faire la différence entre un 5532 et un Burson (hors distorsion) en double aveugle. Ce n’est pas de la spéculation, c’est de la science. TOUS ceux qui ont tenté ce type d’expérience ont lamentablement foiré, et ce, malgré leur totale sincérité. Parce qu’il est quasi certain que ce commentateur est sincère. Malheureusement, ce qu’il décrit n’est que le produit de son imagination, comme cela a été tant et tant fois démontré. Cet effet est très, très puissant et les audiophiles ne veulent pas le comprendre. Leur ego est trop développé pour ça, ils en restent à la première étape : le dénialisme à tout prix.

Pourquoi suis-je si sûr que c’est un effet créé de toutes pièces indépendamment des qualités réelles des composants ? Plusieurs raisons font que ces affirmations sont impossibles sur plusieurs niveaux :

  • Les enregistrement eux-mêmes ont dans une très, très large majorité subit des dizaines d’ampli OP de ce genre (TL072, 5532 et autres basiques). Pourquoi ceux ci sont ils exempts de ces défaut qui semblent si rédhibitoires ?
  • Pourquoi il n’y a pas de consensus sur les références. Certains prônent LME49722, d’autres affirment « qu’ils font saigner leur oreilles ». Il y a une inconsistance complète à ce niveau.
  • Les termes employés n’ont aucune nuance cohérente et sont tellement extrêmes que l’on ne peut décemment y croire. A force de trop vouloir en faire, on perd toute crédibilité.
  • Si ces effets décrits correspondaient à une réalité physique, on serait devant quelque chose d’historique : une propriété réelle non mesurable mais audible. Vu la médiocrité de l’oreille, comment les scientifiques ont-ils pu passer devant un effet aussi fort sans en trouver la moindre trace ? La conséquence de tout ceci serait : si un de ces audiophile pouvait présenter un composant mettant en avant une telle révolution, il est bon pour :
    • un Nobel de physique
    • une fortune acquise simplement dans tous les défis traitant du paranormal, en commençant par celui de James Randi (je rappelle que toute la clique de Stéréophile s’est débinée à chaque fois)
    • un reconnaissance historique dans l’histoire de l’humanité.

Ce qui n’est quand même pas rien. Alors, qui veut se lancer ? Ca ne semblerait n’être qu’une simple formalité vu les différences si fortes et si faciles à entendre.

Un autre aspect mérite d’être soulevé : le composant qui était le meilleur et qui devient subitement tout pourri quand la version suivante sort. A force d’avoir des marches qualitatives aussi considérables, y a longtemps que l’on a dépassé la perfection ! Alors finalement, les possesseurs des anciens Bursons se sont-il fait avoir par un matériel considéré comme moisi maintenant, mais génial juste avant ? Personnellement, les évolutions de ce genre me semblent totalement bidon par définition. Je ne parle pas des textes du site de Burson et leurs non-arguments exclusivement dédié au gogo audiophile. Ils sont complètement ignorants sur leurs propres produits malgré leur « laboratoire », vous savez ces lieux ou ils n’ont même pas les moyens de donner un chiffre quelconque sur leurs modules… Je me demande bien quelle a été la méthodologie utilisée pour leur fameux tableau de notes sur l’évaluation des AOP ; que me répondraient-ils à ce sujet ?

Aspect suivant bien mis en évidence, l’utilisation abusive ou mal comprise de concepts, personnages hors contextes et publications scientifiques hasardeuses, ici la THD et son hypothétique inutilité. L’utilisation sélective de la science quand elle arrange, et son rejet quand elle n’arrange pas. Voila typiquement une incompréhension de base des résultats de ce domaine. La THD nue, lorsqu’elle est présente, dit peu de choses sur la manière dont elle va être perçue. Voila en résumé le consensus actuel. La distorsion d’intermodulation dit déjà beaucoup plus de choses (même si elle est étroitement liée à la distorsion harmonique), et comme le dit Cordell, si elle est très faible à 20 kHz, l’appareil ne présente pas de distorsion audible. Contrairement à ce qui est dit, elle a toute légitimité car on ne peut pas dire qu’un signal musical n’est pas un signal avec plusieurs fréquences superposées…. La distorsion harmonique est audible sous certaines conditions qui sont parfaitement connues : ordre élevé et/ou taux élevé. Le fait d’avoir publié des photos de la forme de distorsion dit une chose très importante : la distorsion produite par le Burson est composées de rangs élevés qui SONT audibles car, en plus, leur taux est très élevé. On ne peut pas se réfugier sur une citation dans un forum ou sous un nom célèbre pour essayer de faire penser : « de toutes façons, il distord, mais ça s’entend pas ». Au mieux ca s’entend pas, auquel cas, le Burson n’apporte rien de plus qu’un autre qui n’a pas de distorsion. Soit ça s’entend et donc, le composant est défectueux. Par contre, un composant du type AOP à distorsion quasi nulle présentant des défauts parfaitement audibles serait une vraie révolution dans l’électronique. Quant au slew-rate et autres paramètres de ce genre, ils n’ont pas d’impact sur le son si ils sont correctement utilisés. A quoi sert d’avoir un slew-rate de 100v/us pour un truc qui ne fonctionnera pas au delà de 40kHz ? A part faire des montages plus délicats, plus difficiles à stabiliser, ca n’apporte strictement rien. Encore une démonstration de la non-maîtrise des concepts utilisés.

Scott Wurcer fait plutôt dans l’ampli OP d’instrumentation qui est une autre utilisation et, vu ce qu’il écrit sur les forums DIYAudio (car ce forum a aussi le privilège d’avoir de tels individus), c’est probablement la personne qu’il est le plus maladroit de citer pour défendre la cause subjective. Il doit être au moins aussi impitoyable que Geddes et ne fait qu’une bouchée des ignorants sur le sujet (des individus qui osent lui dire à lui comment fonctionnent les puces que lui connait sur le bout des doigts). C’est plutôt pathétique en fait.

Certains ont tenté d’établir une métrique pour évaluer la perception de tel ou tel pattern harmonique (comme Earl Geddes) et aucun scientifique sérieux ne dira que la distorsion harmonique n’est pas audible. C’est un simplisme faux emparé par des audiophiles qui devraient se cotiser pour s’acheter un abonnement à l’AES et lire les articles sur le sujet. En fait, ce problème d’audibilité n’en est pas un car un 5532 n’en produit quasiment pas. Ce problème d’audibilité se pose quand elle est présente, ce qui n’est pas le cas, en tous cas à des magnitudes en dessous des seuils connus. Encore une fois, le premier audiophile qui peut sortir un composant qui ne distord pas, mais qui « ferraille », « a trop d’aigus » , ou « pas de basses » (malgré une courbe de réponse complexe plate dans la zone audible) est le bienvenu pour aller chercher son million de dollars.

Un tel composant n’existe pas. Il est tellement en confrontation frontale avec les fondamentaux qu’une personne un peu compétente dans le domaine va y rechigner fortement pour y porter un intérêt : à des affirmations extraordinaires, preuves extraordinaires. Ou sont-elles ? Il en faut un peu plus qu’un texte à la Stéréophile pour convaincre. Ou d’un post d’un inconnu dans un forum.

Bon, je passe sur le PRAT, ce terme ridicule qui n’est pas celui qui est consacré au « foot tapping ». Le PRAT c’est autre chose. C’est cette capacité qu’a un élément pour changer l’aspect temporel du morceau. Celui qui dégottera un composant de ce genre qui modifie le PRAT d’un signal musical aura aussi son aller-simple vers la reconnaissance historique. Car, la aussi, c’est impossible fondamentalement. Ou alors, ce composant convertit fichier froid en son pendant en bande de 2 pouces. A-t-il l’original pour le comparer et vérifier ? Comment sait-il comment sonnerait ce fichier s’il était issu d’un tel support (qui est un des plus fidèle et neutre dans le domaine analogique) ? Voici typiquement une image dont le sens dépasse l’auteur…

Le rasoir d’Occam est impitoyable ici : Ou bien ces composants sont entachés d’un défaut inconnu et non mesurable, tout en étant très audible, ou bien c’est créé de toutes pièces dans la tête. De la solution la plus simple et logique, mon choix est très vite fait. Ces différences sont si incroyables ? Et bien, prouvez le. Tant que la preuve ne sera pas fournie, non, désolé, je ne crois pas un mot de toutes ces histoires abracadabrantes.

Pour conclure, le problème ici, c’est l’assignation à des objets inanimés de propriétés crées dans la tête. Les relation cause à conséquence sont biaisées ici et plutôt que d’essayer de vérifier d’une manière indiscutable ces affirmations extraordinaires, il règne une espèce de volonté de continuer,  malgré les évidences, à affirmer des inepties qui remettent en cause les faits scientifiques tous les deux mots. En fait, seule l’épreuve du double aveugle bien menée peut amener ces audiophiles à commencer à se poser des questions sur la réalité de leur fantasmes…

Allez, pour la route : Scott Wurcer sur les Burson ! Allez quelques suppléments.

Et oui, fallait pas le citer…

Je pense, de plus, qu’une petite cure de The Audio Critic serait salutaire…
Jipi.

9 commentaires »

  1. « qu’il serait incapable de faire la différence entre un 5532 et un Burson (hors distorsion) en double aveugle »

    hahahaha, je viens de comparer les OPA1611/OPA827 et LT1028ACN8…meme toi tu entendrais la diff si tu enlevais tes oeilleres, ils ont un completement different!

    et qd je parlais de tubes>LME49722MA, bien sur je parlais d’un ampli a base d’AOP.

    enfin bon la masturbation d’oscillo ca fait tjs sourire, et dire qu’un 5532 et un burson sont indisociables en DTB releve de l’imcompetence notoire..plus qu’autre chose😉

    j’ai pas tout lu ceci dit, bonne continuation.

    Commentaire par Lee Scratchy — janvier 11, 2010 @ 2:08

  2. enough with this moronic blog, come play with the big boys…Andrea is a complete nutcase you’ll love it!

    http://www.diyaudio.com/forums/chip-amps/154106-best-sounding-audio-integrated-opamps-28.html#post2042825

    please explain us again how all the op-amps sound identical, I looooooove it when you do that. please please please😀

    Commentaire par Lee Scratchy — janvier 11, 2010 @ 2:25

  3. oops, j’avais 50 posts/page, toi non a priori:
    http://www.diyaudio.com/forums/chip-amps/154106-best-sounding-audio-integrated-opamps-136.html#post2042825

    see you when I get there😉

    Commentaire par Lee Scratchy — janvier 11, 2010 @ 2:30

  4. tiens, dans la langue de moliere…si ca te branche de venir nous eblouir de ta science redemptrice: http://forum.hardware.fr/hfr/VideoSon/HiFi-HomeCinema/audiophile-plaisir-musique-sujet_111238_21.htm#t1622507

    tout le monde entend des diffs entre les AOP, faut commencer le nettoyage idiophile je crois!!! un camion a gaz comme a l’epoque de Staline ptet?😀

    Commentaire par Lee Scratchy — janvier 12, 2010 @ 8:12

  5. Entre un Petrus et un Bordeaux de base, un spectro de masse en mesurera que des différences infimes… Un peu plus de tanins dans l’un, de sucres dans l’autres… Rien qui explique que certains trouve le Pétrus comme le meilleurs vins du monde et d’autres trouve l’ensemble des rouges dégeux…
    Ca n’a aucun sens de se fier de façon exclusives aux appareils de mesures, tout comme ne croire que son oreille en disant que les oscilloscopes n’ont pas d’âme…

    Personne ne sera convaincu, on ne transforme pas « fan de burson » en un objectiviste et vice verca…
    C’est comme si un d’expliquer à un type dont ses maux de tête terribles sont soulagés par de l’homéo que le plus puissant appareil de mesure ne trouve rien du tout dans ses granules….

    A forces de débats, vous en oubliez l’essentiel, le plaisir de l’écoute, et c’est bien cela le seul point commun des « 2 camps »….

    Enfin je me permet de critiquer un peu, mais pas mal d’arguments ne sont que raisonnement sophistique ou hyper critique… Rien de sérieux, dans aucun « camps » donc…

    Commentaire par pepman — janvier 12, 2010 @ 8:20

  6. Bonjour,

    Je vois que vous avez fait tout une batterie de tests, mais avez-vous fait des tests d’écoute subjective ? Si oui, quel système avez-vous utilisé ?

    Personnellement, j’ai une Prodigy HD2 Advance DE, avec 3 Bursons montés dessus. La différence est flagrante pour n’importe quel individu par rapport aux OPA d’origine.

    La musique est avant tout une perception subjective, je doute qu’un oscilloscope ressente ça.

    Cordialement,

    kranius

    Commentaire par kranius — janvier 12, 2010 @ 9:08

  7. Il existe une methodologie précise pour les tests ABX
    Le niveau sonore entre les deux appareils testés doit être ajusté de façon identique.
    Un verre de Rully n’a pas la même saveur sorti de la cave dont la température avoisine les 13° ou une fois chambré à 23°…

    Santé à Tous ! pour la nouvelle année.

    Commentaire par helio — janvier 13, 2010 @ 8:28

  8. C’est vrai qu’on peut rêver d’une revue française capable de faire revenir sur terre nos chers audiophiles (ils ne sont pas tous idiots!!). Seraient-ils prêts à admettre que la hifi est une science expérimentale et pas un vaste salon du bricolage créationniste?
    Une science possède une clé de voute, un édifice, base de raisonnement. Sans cela, tout système s’écroule, devient caduque et peu crédible. En hifi, nous avons cette clé de voute que nous appelons « acoustique ». Elle s’articule autour du local d’écoute, de l’enceinte et de son filtrage. Si on décide de passer outre ou de ne pas comprendre les mécanismes de ses rouages, certes délicats, ce n’est pas la peine d’aller plus loin: on ne s’improvise pas filtreur encore moins acousticien, les DIYeurs l’apprennent à leurs dépends.
    Un système hifi n’est pas un instrument de musique, il doit se contenter de reproduire sans colorations et dans des conditions de confort, le signal fourni par le support audio. Mais pour l’heure et depuis trop longtemps, les confusions et les illusions s’installent dans l’esprit des audiophiles. En effet, l’oreille ne peut être considérée comme juge arbitre : il n’y a rien de mieux que les appareils de mesures sophistiqués actuels, pour qualifier les performances d’un système. Seule l’interprétation de ces mesures est critique.
    Que peut faire l’oreille? Seulement nous permettre de constater ce qui ne marche pas, de différencier un système qui fonctionne avec un qui fonctionne moins bien et ce pour des raisons purement objectives. Le but ultime de nos chères oreilles est d’écouter nos oeuvres préférées; ce sont ces oeuvres et uniquement elles, qui nous communiquent l’émotion, pas le système. C’est pourquoi l’oreille d’un audiophile est la pire qui puisse exister, car comme nous le savons, elle est en liaison directe avec son cerveau via des cellules nerveuses. Elles sont dépendantes du contenu de ce cerveau. Nous comprenons donc pourquoi elles sont si influençables. Influençables à tel point, qu’elles rendent les êtres faibles: dégradé harmonique, sacralisation du vintage (même le matériel hors d’usage, ne riez pas), déification de la lampe (et plus ça brille, meilleur c’est), ect…
    Il est parfaitement compréhensible d’avoir telle ou telle considération pour des technologies anciennes et ce pour des raisons personnelles, en somme de lier des relations anthropomorphiques avec tel ou tel matériel. Tout cela, nos paléoélectroniciens talenteux et discrets le savent bien et ils ont pleine conscience que ce qu’ils font, n’est pas de la hifi. Qui pourrait prétendre aujourd’hui, que l’excellent Radford STA25 peut rivaliser avec un LM3886?
    Mais alors qu’advient-il du reste de la population audiophile, c’est à dire la majorité? De braves gens, en proie aux marchands du temple et aux gourous mégalomanes, adeptes de la pseudo-science, qui s’autorisent à penser dans les forums autorisés. Ceux-là même qui dépouillent ces braves gens de tout sens critique et les font tomber dans les sentiments. La première catégorie se livre allègrement à l’escroquerie et l’autre, est incarnée par quelques personnages grotesques, désireux d’assouvir leurs fantasmes, imposant la dictacture de la pensée et la malhonnêteté intellectuelle à longueur de forums.
    Au bout du compte, qu’a appris notre audiophile? RIEN, absolument rien: non seulement il a dépensé son fric à gogo, il s’est fait abuser par des paroles de charlatans, mais en plus il a un système qui ne fonctionne pas.
    Alors messieurs réveillez-vous un peu, faites fonctionner votre cervelle et évitez ces genres de clichés:
    http://www.analogcollector.fr/
    http://www.cinetson.org/phpBB3/haut-rendement-f3/directivite-des-pavillons-jmlc-t30869-75.html
    http://www.arduman.com/aa/Sayfalar/lecleach/lecleach.htm
    http://www.dcx2496.fr/
    http://www.melaudia.net/ecouteSud04JYK-1.php
    http://www.librairiedialogues.fr/livre/350277-bien-entendu-itineraire-d-un-audiophile-francis-ibre–elektor
    La liste est trop longue!…

    Commentaire par Francis Libre — janvier 16, 2010 @ 5:47

  9. Comme d’habitude, et afin de nous faire acheter n’importe quoi, on essaye de nous faire croire que la science, les mesures, etc. sont trop imparfaites pour analyser la réalité subjective.

    La seule réalité est que les défenseurs de tous ces matériels miraculeux qui ne résistent pas à l’analyse scientifique préfèrent écouter un son distordu, coloré, plutot que celui que l’interprète a décider de mettre sur une galette. Grand bien leur fasse, je préfère écouter la musique telle qu’elle a été jouée (autant que possible, aux limites de mon matériel pret) plutôt que comme il plait à mon oreille de l’entendre.

    Commentaire par Niiico — janvier 22, 2010 @ 11:08


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