Jipihorn's Blog

avril 2, 2013

Le mythe des AOP Burson (et Audio-GD)

Pourquoi cet amplificateur opérationnel discret si adoré des audiophiles a des caractéristiques si lamentables ? Serait-ce à cause d’une conception hardeuse et d’un manque de maitrise manifeste ?
C’est ce que l’on va voir.

Note : je suis un peu dyslexique avec GD-Audio et Audio-GD.

Correction : lire les commentaires à propos des coquilles dans le schéma !


Jipi.

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décembre 26, 2009

Burson : la confirmation.

Filed under: Audiophilie, Coup de gueule, Electronique, Foutage de gueule — jipihorn @ 9:31

Comment ai-je pu passer à coté de ce document  (attention, il est gros !) dont j’ai une vieille version mais qui a été mis à jour depuis et qui contient un banc d’essais des Burson ?

Résultats ? Confirmation des nôtres ! Trois essais indépendants convergeant, ça commence à faire beaucoup.

Vous en voulez encore une bonne ? Ce sont les mêmes que les Audio-DG, testés aussi dans ce document, sauf que ceux-ci coutent la moitié du prix (ce qui est déjà trop de toutes façons)  ! Ce qui confirme bien que Burson sous-traite chez eux et multiplie par 2 leur prix au passage. Alors les adorateurs de Burson, ça fait quoi comme effet de se faire rouler dans la farine et d’aimer ça ? D’ailleurs, les commentaires de mesure du Burson sont renvoyés vers ceux de Audio-DG (et ce n’est pas très beau à voir).

 Avec l’avantage  d’avoir d’autres mesures complémentaires montrant à quel point ces circuits sont de conception grotesque. Excellent document d’ailleurs, unique en son genre.

Pour répondre à ceux qui nous reprochent de n’a pas avoir fait de conclusion d’écoute :

  • Les comptes-rendus d’écoute, si ils ne sont pas faits en double aveugle, n’ont strictement aucune valeur de preuve de quoique ce soit. De toutes façons, si l’on avait écrit que ce n’est pas bon à l’écoute, on aurait eu doit au « ils sont sourds et/ou leur chaine, c’est de la merde ». C’est sans issue quelle que soit la situation, tant qu’elle ne va pas dans leur sens. C’est le fondement même du dénialisme.
  • Nous n’allons pas perdre notre temps à écouter du matériel merdique qui ne marche pas correctement au départ.

Si certains sont contents de s’être fait dépossédés de dizaines d’euros pour du matériel qui n’apporte strictement rien, tant mieux pour eux. Personnellement, j’ai beaucoup plus de joie à avoir un meilleur résultat pour 1/250 du prix…

Jipi.

décembre 20, 2009

Modules Burson : les bonus

Filed under: Audiophilie, Coup de gueule, Electronique, Foutage de gueule — jipihorn @ 5:30

Comme promis, quelques bonus supplémentaires au billet précédent sur ces modules, avec, en prime, le double effet kiss-cool.

Commençons par la distorsion en fonction de la charge (Cliquez sur l’image pour l’avoir à la taille) :

De gauche à droite :  Burson et 5532, les deux canaux chargés de la même manière. Les résultats sont quasi identiques d’un canal à l’autre. Dans toute ces mesures, Les alimentations sont à +/-15v, données par des 7815 et 7915, sortie 100µF avec de bonnes capas Panasonic, et découplage 0.1µF entre le + et le – à proximité des AOP.  Avec cette configuration classique, qui n’est guère critiquable, certains OPA2604 (pas tous) ont eu une tendance à l’oscillation lors de la mesure du temps de montée. Le Burson est stable.

Comme nous pouvons le voir, les modules sont très sensibles à la charge en dessous de  1 kΩ. Admirons les chiffres sous 100Ω et 68Ω (Thierry n’a pas osé en dessous de peur de les griller : il n’est indiqué nulle part si ce circuit peut supporter un court-circuit en sortie), rappelons le, sous 2V RMS de sortie, très loin de ce que sont censés produire des remplaçants d’AOP standard. Nous n’allons pas nous étendre sur la comparaison avec le 5532, sous les mêmes conditions. Remarquons tout de même que ce 5532 est capable de fournir 2V RMS sous 68Ω, ce qui est son niveau de sortie maximal avant saturation ; on atteint ses limites de débit en courant. Dommage pour les modules Burson qui ont pourtant cette image de capacité en courant largement supérieure aux circuits intégrés. En fait, c’est totalement le contraire. Une petite précision tout de même : dans l’article précédent était écrit que le 5532 présentait 0.0007% de distorsion quelque soit la charge jusque 68Ω. En fait, pour être honnête, elle augmente vers 100Ω pour atteindre 0.0021% sur 68Ω. Je sais, c’est cynique.

Maintenant, une autre courbe concernant les Burson (Cliquez sur l’image pour l’avoir à la taille) :

Mais qu’est-ce c’est ? Et bien accrochez vous :  c’est la distorsion d’un canal non chargé en fonction de la charge… sur l’autre  ! Et oui, les canaux, d’une manière totalement inexplicable, interagissent entre eux  ! Ça, c’est de la conception de haut vol !

Un seul mot : bravo !

Jipi & Teepee

décembre 19, 2009

Module Burson, une nouvelle (re)définition de l’AOP ?

Filed under: Audiophilie, Coup de gueule, Electronique, Foutage de gueule — jipihorn @ 9:00

Ces blogs sont pratiques, ils ont des outils de gestion qui offrent des statistiques globales sur les visites et les thèmes les plus consultés. Au top 3, on retrouve Redheko, le fameux billet sur Earl Geddes (et en quoi J.M. Le Cleac’h ne pourra jamais s’en approcher de près ou de loin) et Burson. Petite dédicace aussi à Sakuma aussi qui a eu son succès d’estime.

Et bien oui, Thierry a pu avoir un Burson (double) à tester et mesurer (sur un banc de mesures Audio Precision Portable One Plus). Enfin ! Il a fallu un bout de temps pour en chopper un et les résultats ne sont pas piqués des hannetons.

Burson, à notre connaissance, n’a publié aucun datasheet sur leurs produits, chose unique lorsque l’on fournit des composants de ce genre, censés se substituer à des produits qui, eux, ont des datasheets fleuves. En fait, c’est un peu logique, car Burson sous-traite ses produits et je suspecte carrément qu’ils n’ont strictement aucune idée de comment ils fonctionnent. Et bien sur, là où commence l’ignorance, commencent les arguments audiophiles. Ajouter à cela quelques « pointures » bruyantes qui en font la promotion et c’est parti ! Des modules vendus 55 € la pièce, probablement produits à un coût de misère (vu les composants dedans), qui se vendent comme des petits pains.

Des produits sans arguments solides et sérieux, c’est plus fort que nous, ça suscite une méfiance : le détecteur de foutaises est dans le rouge. D’autant plus que le constructeur nous a aimablement demandé de les mesurer nous même. Et donc, voila, enfin nous avons pu mettre la main sur ces modules et voir un peu ce qui se cache derrière.

Pour être honnête, on peut trouver un banc d’essai effectué par Ed Simon sur AudioXpress. Ce banc d’essai est juste, il n’y pas de mensonges, mais il est intellectuellement malhonnête (par omission ou diversion), probablement pour occulter la réalité des choses, comme nous allons le voir. Par ailleurs, j’ai écrit dans un autre billet de ce blog que quelqu’un d’autre avait mesuré ces modules et publié les résultats sur le forum d’Elektor. Mais après relecture, il n’est pas du tout clair si cette personne parle bien des Burson ou d’un autre montage qu’il a réalisé. J’ai posé la question, mais je n’ai pas eu de réponse. Réponse donnée aujourd’hui 24 décembre 2009 à ce sujet, effectivement ces mesures ne concernent pas le Burson, mais l’autre montage décrit.

Après, les testimoniaux ou autres faux bancs d’essais pompeusement recopiés par Burson n’ont strictement aucune valeur réelle.

Des mesures de NJM4580 (Bouuuuuuh !), NE5532 (a.k.a « la bouse ») et OPA2604 (mouais…) sont fournies pour comparaison.

Pour commencer, voyons du coté de la THD, IMD et rapport signal/bruit (Cliquez sur l’image pour la voir à taille réelle).

Ces mesures sont faites sans charge (r=∞) et sous 510 Ω, ce qui n’est pas très élevé (ou faible selon le coté ou l’on se place). Je crois qu’il n’y a pas de longs discours à faire sur les résultats, avec une distorsion très, très, très élevée du Burson dès qu’il est chargé. Ces mesures donnent le signal RMS maxi avant écrêtage, les AOP étant alimentés sous +/- 15V. Sans charge, le Burson s’en sort honorablement, même si il fournit 25 fois plus de distorsion qu’un 5532. Mais avec une charge… 1200 fois plus qu’un NE5532 ! Que dire de l’IMD qui est catastrophique (quasi 4% !!!) sur 510 Ω? Ah, c’est sur que si ces modules sont chargés, dès qu’ils vont fournir un peu de tension, le son va devenir… différent. Ces modules sont silencieux, mais leur taille pourrait les handicaper dans des milieux parasités.

Un petit coup d’œil sur les courbes en fonction de la fréquence (Cliquez sur l’image pour la voir à taille réelle) :

Même conditions que les mesures précédentes. On remarquera la parfaite linéarité de la distorsion du Burson : il distord beaucoup, partout. Remarquons les différences d’échelle pour faire tenir les courbes… Voyons voir comment cette distorsion varie avec le niveau de sortie (Cliquez sur l’image pour la voir à taille réelle) :

On ne publie pas les autres AOP ici, leur distorsion ne varie quasiment pas avec la charge ou le niveau de sortie avant écrêtage. A part donner un tableau de valeurs constantes, ça n’a aucun intérêt.

Le comportement du Burson est pour le moins surprenant. Sans charge, la distorsion est moyennement faible (beaucoup plus élevée que les autres) et suffisamment basse pour ne pas être entendue. Par contre dès qu’il y a une charge, c’est catastrophique : 1V RMS et hop la distorsion explose. Ça fait peu pour un module alimenté sous 15V. Personnellement, je n’appelle pas ça un ampli op, mais je préfère être poli sur le terme. C’est ici que l’on voit que l’article de AudioXpress n’est pas objectif, car, en regardant bien, on les voit très bien dans cet article, tous ces problèmes. Toutes les figures ont une courbe en haut que l’on penserait être autre chose, mais non, c’est bien le Burson qui commence à distordre, mais le test est limité juste avant que la distorsion ne s’envole (sauf pour la mesure sous +/- 6V ou l’auteur en profite pour dire que quand la tension d’alimentation augmente, la distorsion diminue ; il suffirait d’augmenter légèrement la tension de sortie pour la voir réapparaitre). Le texte passe pudiquement là-dessus. L’avant-dernière courbe (fig.5) montre bien que ce module ne peut pas sortir plus de 2V RMS sans que la distorsion explose et dans cet article il manque toujours une donnée pour connaitre les conditions exactes de mesure (par exemple la charge dans les dernières courbes).  Et il ose dire que de toutes façons, en sortie de CD , on a pas besoin de plus de 2V donc tout va bien, pas besoin de montrer les problèmes… A cela ajouté les courbes reproduites en noir et blanc et la confusion est complète.

Après, nous dira-t-on, si c’est de la H2, ca doit pas être trop horrible finalement. Le constructeur aurait essayé de mimer un ampli SE par exemple. Et bien, voyons voir quelques photos d’oscilloscope, histoire de vérifier tout ça (Cliquez sur l’image pour la voir à taille réelle) :

De gauche à droite : Burson dans 1kΩ, 510Ω et 100Ω, 2V RMS en sortie, NE5534 quelque soit la charge jusque 68Ω dans les mêmes conditions (0.0007%). Difficile de prendre ça pour de la distorsion douce. Effectivement, ces modules vont sonner… différemment. Même la forme de la distorsion est consternante, qu’importe la fréquence, et ce très rapidement. Pas étonnant que ce circuit ne marche carrément pas dans certaines configurations. On assiste là à une conception très douteuse du circuit, rien de plus  : ridicule.

Allez, un petit tour pour voir la forme du slew-rate (Cliquez sur l’image pour la voir à taille réelle) :

Ici, rien de spécial, tout se ressemble plus ou moins (de gauche à droite : Burson, TI NE5532AP et OPA2604AP). C’est le seul cas ou le Burson ressemble un peu à un AOP !

D’autres données vont être ajoutées, comme la distorsion en fonction de la charge comparée entre différents AOP, juste le temps de les scanner.

Donc, quelles conclusions peut-on en tirer ?

Si nous voulons rester poli, je dirais que ces modules ne tiennent en rien une quelconque promesse de remplacement d’un quelconque AOP que ce soit. Non, non, le module n’est pas en panne, les deux canaux  ont des comportements identiques. Il atteint aucun critères de base des AOP auxquels il est censé se substituer. Il est incapable de fournir plus de 2V RMS sans distordre, et encore, faut pas trop le charger (un comble pour un module discret, surtout quand on voit ce qu’il consomme !!!). A l’instar de leur « super régulateur » qui peut à peine fournir le dixième de ce que peuvent fournir les régulateurs qu’il est censé remplacer, ces « ampli opérationnels » sont à éviter comme la peste, surtout pour le prix. Non, ces modules ne sont pas des AOP. Ils ne se comportent pas comme tel, on en est très loin. Sur tous les paramètres, il se fait ridiculiser par les composants les plus détestés des audiophiles mais qui sont quasiment impossibles à surpasser, surtout avec du discret (pas assez chers, mon fils !). Ajouté à cela leur taille qui les rendent plus propices à capter un peu ce qui traine et dégrader le rapport signal/bruit, la, on voir vraiment l’intérêt ! A 55€ le double, on a 250 NE5534 pour le même prix sans chercher très loin avec des caractéristiques aux antipodes. Faut-il être aussi masochiste pour autant aimer se faire arnaquer de la sorte ? Ou alors, utilisé jusque 1V sans charge, oui, ca doit marcher comme n’importe quel AOP, il doit en être indiscernable. Mais bon, si c’est pour avoir si peu, c’est la honte.

Ces silences plus silencieux, ces micros informations transcendantes, cet espace sonore, cette scène vivante, cette quintessence d’émotion sonore, voila des termes bien compliqués pour de la distorsion dure de rang élevé. Pour ceux qui les utilisent en deçà des seuils critiques, l’effet d’expectative (et le prix) suffit amplement à expliquer les  « différences » entendues. A quand une vraie comparaison entre Burson (quand ils distordent pas à mort) et 5532 en double aveugle par les ténors promoteurs de ces modules  ? Dans ce cas, si ils entendent réellement à coup sur une différence, y a un million de dollars pour eux  (ce qui nous changerait un peu de leurs **babinages rhétoriques** et **manipulations sémantiques** à la F.Ibre (*))  ! Une simple formalité, non ?

La prochaine fois que vous voulez vous faire humilier, n’hésitez pas, la porte est grande ouverte. La vache, on en rit encore…

Addition à ce billet : la suite des mesures est disponible dans le billet suivant.

Jipi et Teepee.

(*) C’est vrai que j’ai la revue de son bouquin à faire, mais il y a une telle densité de grand n’importe quoi dedans que le problème principal est de savoir par quel bout le prendre.

octobre 25, 2007

Burson : la technologie … pas.

Filed under: Uncategorized — jipihorn @ 9:09

Par curiosité, j’ai demandé à Burson si ils avaient un datasheet sur leur amplificateur opérationnel discret. Car, même si un amplificateur opérationnel semble être un composant quasi parfait dans les plages de travail qui nous intéresse, ils ne sont pas interchangeables comme ça. Un courant d’offset mal placé, un gain mal choisi, un découplage insuffisant et cela ne marche plus correctement. D’ailleurs, il semblerait qu’un Burson ne fonctionne pas bien en convertisseur courant/tension en sortie de DAC.
Donc, la moindre des choses, lorsqu’on fournit des composants électroniques, c’est de pouvoir fournir les caractéristiques pertinentes, comme c’est le cas de TOUS les fournisseurs connus…
Réponse :

Hi Mr Prevost,

We don’t have that but you will be more than welcome to test it out your self.

Regards
Jack Thomas

En gros, « nous n’avons pas ça, mais vous êtes le bienvenu pour pour faire les tests vous-même ».

Je ne sais pas si je dois rire ou pas, mais ça met surtout en évidence le sérieux derrière. Remarquez, vu les explications fumeuses du site, fallait guère s’attendre à mieux. D’autant plus qu’il annoncent un taux de distorsion (<0.001%) sur le site qui a de grande chances d’avoir été mis la pour faire joli. Si ils l’ont réellement les moyens de mesurer, pourquoi n’ont-il rien à fournir ?

Grotesque, mais finalement, tellement en adéquation avec l’esprit subjectiviste : pourquoi donner des mesures, vu qu’il n’y a aucune corrélation avec l’écoute de toutes façons… Incontournable !

Jipi.

décembre 30, 2010

Double badass quote of the day.

Filed under: Acoustique, Audiophilie, Badass, Dumbass, Foutage de gueule, Ridicule — jipihorn @ 1:02

J’ai été un peu sévère sur le forum Audax qui, de temps en temps, propose quelques bonnes choses rafraichissantes. Et donc, double citation, qui troue le séant :

Première citation de Forr, que je retrouve bien la, après un petit coup de mou à propos de JMLC :

Le peu que je connais de Ibre, c’est qu’il faut employer des condensateurs de prix genre Munsdorf, des câbles sous gaîne Teflon, des amplis-op Burson, des bonnetières en charge Onken et des 300B pour faire du bon son, tout ça avec des justifications où l’on n’hésite jamais à mettre des approches raisonnées et scientifiques, au placard. Ces recommandations n’arrivent toutefois pas à masquer des faiblesses conceptuelles tant en physique qu’en électronique. Je m’étonne qu’Elektor ait publié Ibre, dont l’esprit ne correspond pas du tout à la philosophie habituellement affichée par cet éditeur.

Pour de multiples raisons, dont en premier celle des les moyens financiers, les débutants ne peuvent s’encombrer ainsi. Une approche saine de l’audio, où l’on se fait réellement plaisir, ne nécessite nullement une montagne de formules mathématiques, pas plus qu’une place gigantesque.

Le fil « Boîte à chassures » montre parfaitement qu’il y a une demande concrète pour des systèmes modestes en moyens. Leur cohérence globale est souvent très supérieure aux gros systèmes et permet de se constituer une référence de base pour aller vers des choses plus ambitieuses. On apprendra bien plus à faire ses armes avec ceux-ci qu’avec des appels insensés au gigantisme et à l’extravagance au seul nom de leur supériorité subjective, pour laquelle ceux qui sont pas d’accord ne savent pas écouter parce qu’ils sont bourrés d’a priori, sont inexpérimentés, n’ont jamais en présence de ces gros systèmes.. Sous-jacent à de tels discours, typique d’Ibre, il y a un détestable mépris.

Et puis Francis Brooke :

La démarche charmeuse mais piegeuse.
Le mépris clairemment affiché du « bas-rendement » ou des « petits systèmes ». Dit autrement « Si vous n’avez pas 4x38cm dans votre salon ce n’est pas de la hi-fi ».
Des notions de base incomprises en ce qui concerne plusieurs domaines comme l’alignement temporel ou le filtrage (FI confond lui aussi déphasage et retard).
Son coté dinausaure, visible lorsqu’il prend des photos de l’écran d’ordinateur pour les mettre sur un forum…
Son coté borné qui se traduit par son incapacité à se remettre en cause,

Tous ces éléments font que ce livre est clairement à déconseiller aux débutants.

A une époque, j’avais commencé à lister un certain nombre d’incohérences et d’incompréhensions :
Bien-entendu_commentaires

Mais il y a tellement d’erreurs…

D’autres personnes ont également écrit à l’éditeur pour dire leur surprise de voir publié un livre pareil.

Pour ce dernier, je comprends qu’il reste discret en général. Quoi de plus déprimant de perdre un temps et une énergie considérable à essayer de débattre avec quelqu’un qui reste totalement obtus malgré les preuves amenées. Même si j’ai probablement déjà eu ce travers, y a un moment où c’est plus tenable. De plus, je trouve que Francis Brooke est très conciliant vu la masse réelle de fausseté qui règne dans cet ouvrage, mais il doit être d’un naturel très (trop) courtois. Et malheureusement pour lui, il est moins prompt à jouer de la rhétorique : il faut se méfier des gens qui commencent un bouquin dédié à la hifi avec trois chapitres de pseudo-philosophie, même un argument qui semble imparable sera vaporisé avec une manipulation fallacieuse dont Ibre a le secret.

Jipi.


Décidément, on en apprend de belles via ce fil  sur Audax, en citant un contributeur (Martian) qui s’est carrément fait virer parce qu’il était un peu trop doué pour le Maitre – qui est sorti de ses gonds et c’est pas joli à voir. Ce Martian est très bon et soulève les bonnes questions.

Accessoirement, on y apprend, dans cette discussion à propos des enceintes closes,  le 12 novembre 2010,  Francis Ibre a appris un truc nouveau en audio : l’existence de la transformée de Linkwitz.

Comment dire…

Ha, et puis y a des photos de mesures qu’il a faites ; faudra lui expliquer le AltGr+PrintScreen sur le clavier. Mon dieu, il est obligé de passer à des divisions de 20 dB pour avoir quelque chose de potable visuellement… Je parle pas de la réponse impulsionnelle, j’aurais tout foutu à la poubelle si j’avais pas pu obtenir mieux que ça… A mon avis, celui qu’il a banni doit mourir de rire (j’avoue que j’en suis pas loin non plus).

Y a bien un truc que je dois beaucoup à Francis Ibre, c’est de me donner de quoi faire des billets pour longtemps, sans jamais me répéter tellement c’est riche.

janvier 5, 2010

L’intelligence des composants

Le Burson a fait exploser les statistiques du blog, ce composant médiocre (quelque soit sa version) est vraiment populaire !

Pour une fois, ca ne s’est pas vraiment étripé dans les forums. Peut-être que le fait de publier des preuves réelles de la conception grotesque de ces composants a ébranlé certains des défenseurs les pus bruyants, on n’en sait rien. Juste quelques messages plutôt tièdes, toujours avec le même argument : l’écoute n’a que faire des mesures.

Chose très rare ici, un des défenseurs des Burson a posté une paire de commentaires ici, commentaires courtois qui dénotent par rapport aux habitudes. C’est un moyen qui, à mon avis, donne (enfin) une image positive des contradicteurs qui veulent donner leurs arguments d’une manière plus intelligente. Ces commentaires sont d’autant plus utiles qu’ils sont une illustration des problèmes fondamentaux que l’on rencontre en audio.

Voici donc ces deux commentaires du même auteur :

les AOP classiques ne sont pas fait pour l’audio…et la distortion des tubes n’est pas terrible non plus, doit-on expliquer au gens qui ont des amplis a tubes de la mort qu’il faut les virer et ecouter des LME49722MA

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quoi qu’il en soit, je comprends bien qu’un burson ne sera pas l’ideal dans un detecteur de faux billets ou un portique d’aeroport…Burson dit “the way solid state was meant to sound”…lancer des tests THD c’est cool, mais pourquoi pas l’ecouter aussi?

sur mon casque MDR-CD3000, ca donne une coloration analogique envoutante…un soundstage a 360 degres, un espece de son surrealiste totalement addictif…comme certains le disent des amplis a tubes, ca donne l’impression que le son est en suspension…enfin bon, parler de musique c’est comme danser de l’architecture.

Reste que les amplis a tube sont surement ce qui se fait de mieux pdv rendu sonore pour pas mal de gens.

si le but c’etait le THD le plus bas…on ecouterait tous des LME49720/22? et si il existait une correlation(jeu de mot :D ) entre rendu sonore et THD, ca se saurait…non? en tout cas, pas mal de concepteurs de circuits et EE(genre Scott Wurcer le designer de l’AD797, un des meilleurs -sinon le meilleur- AOP que j’ai entendu) sont OK que la THD d’un datasheet hors contexte n’a aucune signification par rapport au rendu sonore(le GBW, le slew rate et le gain bcp plus).

en tout cas, ces AOP discrets donnent l’impression d’ecouter une bande analogique 2″…alors que c’est un bete PC en FLAC, je trouve ca assez troulcutant.

pour faire clair, c’est le “PRAT” qui est hallucinant sur ces AOP….on est oblige de hocher la tete et de taper du pied, je suis en train d’ecouter Shaft d’Isaac Hayes en DVD-A 24/96…ah, quel son :D

la voix grave granuleuse a mort d’Isaac, le hihat au centre jamais agressif, le tambourin a droite hyper detendu, la wahwah qui couine avec un gros son “tube”, les trompettes avec un son qui donne l’impression qu’elles sont jouees dans la piece ou je suis, les cordes qui semblent etre tout autour de moi….ecouter des composants musicaux avec seulement un oscilloscope ne me semble pas suffisant.

et a priori l’IMD n’a aucun interet puisqu’on ne jouera jamais qu’une seule modulation a la fois…je ne mixe pas avec mes Burson ;)

http://www.gearslutz.com/board/4432704-post5.html
“Actually, there were many scientific researches that proved that all variations of IMD, THD, THD+N tests, and all other specific tests can’t be used to say how well the sound is reproduced in terms of subconscious human perceptions.”

Le premier commentaire met en avant une curiosité typiquement audiophile : un signal audio est « spécial » et ne peut être traité comme un autre. Cette propriété venue de nulle part, sans aucune preuve scientifique ni étude sérieuse pour la confirmer est vraiment délirante. Un signal audio n’a rien de spécial en soit, c’est un signal électrique variable dans une bande de fréquence finalement très étroite. Ceci ne pose aucun problème électronique particulier. Ceci équivaudrait à doter les composant d’une sorte d’intelligence qui lui permet de discriminer un signal audio d’un autre. C’est totalement ridicule et un composant fonctionnera exactement de la même manière que le signal contienne de la musique ou pas. C’est marrant de voir à quel point les audiophiles surestiment la « complexité » de ce genre de signaux, alors qu’en fait les utilisations plus « critiques » des AOP en instrumentation par exemple ont des contraintes infiniment plus grandes car la moindre variation étrangère au signal aura des répercussions implacables sur le résultat. L’ouïe, elle, est tellement mauvaise et tolérante que c’est finalement très facile de faire quelque chose qui est perçu comme un fil droit avec du gain (même avec un Burson). Par ailleurs, effectivement, personne n’aura l’idée de changer ses amplis à tubes par des LME49722 : on remplace pas un ampli de puissance par un AOP, ça marche pas. Cet exemple est débile.

Le commentaire suivant continue dans la même logique absurde et jamais confirmée par des preuves. Les sensations subjectives décrites n’ont strictement aune valeur à mes yeux; on entre dans la notion de preuve anecdotique. Ces descriptions hautement suggérées ne sont que des produits de son cerveau, indépendamment des composants qu’il écoute. Il est certain à 99.99% qu’il serait incapable de faire la différence entre un 5532 et un Burson (hors distorsion) en double aveugle. Ce n’est pas de la spéculation, c’est de la science. TOUS ceux qui ont tenté ce type d’expérience ont lamentablement foiré, et ce, malgré leur totale sincérité. Parce qu’il est quasi certain que ce commentateur est sincère. Malheureusement, ce qu’il décrit n’est que le produit de son imagination, comme cela a été tant et tant fois démontré. Cet effet est très, très puissant et les audiophiles ne veulent pas le comprendre. Leur ego est trop développé pour ça, ils en restent à la première étape : le dénialisme à tout prix.

Pourquoi suis-je si sûr que c’est un effet créé de toutes pièces indépendamment des qualités réelles des composants ? Plusieurs raisons font que ces affirmations sont impossibles sur plusieurs niveaux :

  • Les enregistrement eux-mêmes ont dans une très, très large majorité subit des dizaines d’ampli OP de ce genre (TL072, 5532 et autres basiques). Pourquoi ceux ci sont ils exempts de ces défaut qui semblent si rédhibitoires ?
  • Pourquoi il n’y a pas de consensus sur les références. Certains prônent LME49722, d’autres affirment « qu’ils font saigner leur oreilles ». Il y a une inconsistance complète à ce niveau.
  • Les termes employés n’ont aucune nuance cohérente et sont tellement extrêmes que l’on ne peut décemment y croire. A force de trop vouloir en faire, on perd toute crédibilité.
  • Si ces effets décrits correspondaient à une réalité physique, on serait devant quelque chose d’historique : une propriété réelle non mesurable mais audible. Vu la médiocrité de l’oreille, comment les scientifiques ont-ils pu passer devant un effet aussi fort sans en trouver la moindre trace ? La conséquence de tout ceci serait : si un de ces audiophile pouvait présenter un composant mettant en avant une telle révolution, il est bon pour :
    • un Nobel de physique
    • une fortune acquise simplement dans tous les défis traitant du paranormal, en commençant par celui de James Randi (je rappelle que toute la clique de Stéréophile s’est débinée à chaque fois)
    • un reconnaissance historique dans l’histoire de l’humanité.

Ce qui n’est quand même pas rien. Alors, qui veut se lancer ? Ca ne semblerait n’être qu’une simple formalité vu les différences si fortes et si faciles à entendre.

Un autre aspect mérite d’être soulevé : le composant qui était le meilleur et qui devient subitement tout pourri quand la version suivante sort. A force d’avoir des marches qualitatives aussi considérables, y a longtemps que l’on a dépassé la perfection ! Alors finalement, les possesseurs des anciens Bursons se sont-il fait avoir par un matériel considéré comme moisi maintenant, mais génial juste avant ? Personnellement, les évolutions de ce genre me semblent totalement bidon par définition. Je ne parle pas des textes du site de Burson et leurs non-arguments exclusivement dédié au gogo audiophile. Ils sont complètement ignorants sur leurs propres produits malgré leur « laboratoire », vous savez ces lieux ou ils n’ont même pas les moyens de donner un chiffre quelconque sur leurs modules… Je me demande bien quelle a été la méthodologie utilisée pour leur fameux tableau de notes sur l’évaluation des AOP ; que me répondraient-ils à ce sujet ?

Aspect suivant bien mis en évidence, l’utilisation abusive ou mal comprise de concepts, personnages hors contextes et publications scientifiques hasardeuses, ici la THD et son hypothétique inutilité. L’utilisation sélective de la science quand elle arrange, et son rejet quand elle n’arrange pas. Voila typiquement une incompréhension de base des résultats de ce domaine. La THD nue, lorsqu’elle est présente, dit peu de choses sur la manière dont elle va être perçue. Voila en résumé le consensus actuel. La distorsion d’intermodulation dit déjà beaucoup plus de choses (même si elle est étroitement liée à la distorsion harmonique), et comme le dit Cordell, si elle est très faible à 20 kHz, l’appareil ne présente pas de distorsion audible. Contrairement à ce qui est dit, elle a toute légitimité car on ne peut pas dire qu’un signal musical n’est pas un signal avec plusieurs fréquences superposées…. La distorsion harmonique est audible sous certaines conditions qui sont parfaitement connues : ordre élevé et/ou taux élevé. Le fait d’avoir publié des photos de la forme de distorsion dit une chose très importante : la distorsion produite par le Burson est composées de rangs élevés qui SONT audibles car, en plus, leur taux est très élevé. On ne peut pas se réfugier sur une citation dans un forum ou sous un nom célèbre pour essayer de faire penser : « de toutes façons, il distord, mais ça s’entend pas ». Au mieux ca s’entend pas, auquel cas, le Burson n’apporte rien de plus qu’un autre qui n’a pas de distorsion. Soit ça s’entend et donc, le composant est défectueux. Par contre, un composant du type AOP à distorsion quasi nulle présentant des défauts parfaitement audibles serait une vraie révolution dans l’électronique. Quant au slew-rate et autres paramètres de ce genre, ils n’ont pas d’impact sur le son si ils sont correctement utilisés. A quoi sert d’avoir un slew-rate de 100v/us pour un truc qui ne fonctionnera pas au delà de 40kHz ? A part faire des montages plus délicats, plus difficiles à stabiliser, ca n’apporte strictement rien. Encore une démonstration de la non-maîtrise des concepts utilisés.

Scott Wurcer fait plutôt dans l’ampli OP d’instrumentation qui est une autre utilisation et, vu ce qu’il écrit sur les forums DIYAudio (car ce forum a aussi le privilège d’avoir de tels individus), c’est probablement la personne qu’il est le plus maladroit de citer pour défendre la cause subjective. Il doit être au moins aussi impitoyable que Geddes et ne fait qu’une bouchée des ignorants sur le sujet (des individus qui osent lui dire à lui comment fonctionnent les puces que lui connait sur le bout des doigts). C’est plutôt pathétique en fait.

Certains ont tenté d’établir une métrique pour évaluer la perception de tel ou tel pattern harmonique (comme Earl Geddes) et aucun scientifique sérieux ne dira que la distorsion harmonique n’est pas audible. C’est un simplisme faux emparé par des audiophiles qui devraient se cotiser pour s’acheter un abonnement à l’AES et lire les articles sur le sujet. En fait, ce problème d’audibilité n’en est pas un car un 5532 n’en produit quasiment pas. Ce problème d’audibilité se pose quand elle est présente, ce qui n’est pas le cas, en tous cas à des magnitudes en dessous des seuils connus. Encore une fois, le premier audiophile qui peut sortir un composant qui ne distord pas, mais qui « ferraille », « a trop d’aigus » , ou « pas de basses » (malgré une courbe de réponse complexe plate dans la zone audible) est le bienvenu pour aller chercher son million de dollars.

Un tel composant n’existe pas. Il est tellement en confrontation frontale avec les fondamentaux qu’une personne un peu compétente dans le domaine va y rechigner fortement pour y porter un intérêt : à des affirmations extraordinaires, preuves extraordinaires. Ou sont-elles ? Il en faut un peu plus qu’un texte à la Stéréophile pour convaincre. Ou d’un post d’un inconnu dans un forum.

Bon, je passe sur le PRAT, ce terme ridicule qui n’est pas celui qui est consacré au « foot tapping ». Le PRAT c’est autre chose. C’est cette capacité qu’a un élément pour changer l’aspect temporel du morceau. Celui qui dégottera un composant de ce genre qui modifie le PRAT d’un signal musical aura aussi son aller-simple vers la reconnaissance historique. Car, la aussi, c’est impossible fondamentalement. Ou alors, ce composant convertit fichier froid en son pendant en bande de 2 pouces. A-t-il l’original pour le comparer et vérifier ? Comment sait-il comment sonnerait ce fichier s’il était issu d’un tel support (qui est un des plus fidèle et neutre dans le domaine analogique) ? Voici typiquement une image dont le sens dépasse l’auteur…

Le rasoir d’Occam est impitoyable ici : Ou bien ces composants sont entachés d’un défaut inconnu et non mesurable, tout en étant très audible, ou bien c’est créé de toutes pièces dans la tête. De la solution la plus simple et logique, mon choix est très vite fait. Ces différences sont si incroyables ? Et bien, prouvez le. Tant que la preuve ne sera pas fournie, non, désolé, je ne crois pas un mot de toutes ces histoires abracadabrantes.

Pour conclure, le problème ici, c’est l’assignation à des objets inanimés de propriétés crées dans la tête. Les relation cause à conséquence sont biaisées ici et plutôt que d’essayer de vérifier d’une manière indiscutable ces affirmations extraordinaires, il règne une espèce de volonté de continuer,  malgré les évidences, à affirmer des inepties qui remettent en cause les faits scientifiques tous les deux mots. En fait, seule l’épreuve du double aveugle bien menée peut amener ces audiophiles à commencer à se poser des questions sur la réalité de leur fantasmes…

Allez, pour la route : Scott Wurcer sur les Burson ! Allez quelques suppléments.

Et oui, fallait pas le citer…

Je pense, de plus, qu’une petite cure de The Audio Critic serait salutaire…
Jipi.

décembre 24, 2009

Citation du jour.

Filed under: Acoustique, Audiophilie, Fondamentaux, Geddes, Rhétorique, Scepticisme — jipihorn @ 9:34

Et pas des moindres :

Holding an opinion based on no data (…) which lies in direct contradiction to existing data is not very intelligent. You cann’t support your position by simply claiming that « I don’t believe everything that I read ». That may be true in many cases, but not when what you should have read is solidly substantiated with science.

Its a big problem in these forums that people hold opions with no supporting evidence that clearly contradict the available evidence – thats called religion and it has no place in audio.

Ce que l’on pourrait traduire par :

Tenir une opinion basée sur un manque de données (…) qui se trouve en directe contradiction avec des données existantes n’est pas très intelligent. Vous ne pouvez pas tenir votre position en    affirmant simplement « Je ne crois en rien en ce que je lis ». Ceci pourrait être vrai dans beaucoup de cas,  mais pas lorsque ce que vous devriez avoir lu est solidement confirmé par la science.

C’est un gros problème dans ces forums que les gens tiennent des opinions sans aucune preuve les soutenant tout en contredisant clairement les preuves disponibles – c’est ce que l’on appelle religion et ça n’a aucune place en audio.

C’est une citation d’Earl Geddes sur DiyAudio, qui met à jour LE problème majeur des subjectivistes qui veulent masquer leur absence de preuves solides par de la rhétorique, même si c’est en totale contradiction avec la science. C’est déjà le cas avec les Burson ou l’on a mis en évidence un défaut majeur de conception mais qui ne pose absolument pas de problème aux subjectivistes pour qui ce « détail » est balayé par leur ouïe si fine… Earl Geddes a l’art de ridiculiser ce type d’argument sur DiyAudio et il est rare que ces « contradicteurs » la ramènent une fois qu’ils se sont fait rappeler à l’ordre sur l’inanité de ce qu’ils affirment.

Ce type reste pour moi LA référence actuelle – point barre.

Jipi.

juillet 25, 2008

Le pur son pour enrhumés…

Filed under: Uncategorized — jipihorn @ 12:18

Dit autrement, le Burson. C’est un calembour absolument naze, mais comme il faut à chaque fois se creuser pour trouver un titre, faut pas non plus en demander beaucoup.
Burson donc, ces fameux amplis OP discrets intouchables, si bons, si audiophile, si adulés. Ils ont fait des émules, mais on se situe toujours dans le même style de créneau.
Nous n’avons pas eu d’exemplaires, malgré les propositions de prêt, donc, nous n’avons pas pu les mesurer. Mais miracle, un gars l’a fait et a posté ses résultats sur le forum d’Elektor. Au vu des chiffres, on est vraiment dans l’absence de distorsion, même à faible charge, ce qui ne fait que conforter leur supériorité sur les bouses intégrées dernier cri.
Voici l’extrait des résultats :

Pour les mesures la distorsion atteint des chiffres très bon quelque soit la charge connecter : 0 0021% pour + 6dB à 600 ohms et 150 ohms et 0.0033% à 75 ohms le tout pour un signal à1 KHz .A 10Khz les chiffres passent à 0.005% pour le même niveau et pour les mêmes charges de 75,150 et 600 ohms .Pour l’offset en ajustant les résistances de 120 ohms on arrive au réglage de 0.1Mv c’est très surprenant .Les mesures sont réalisé sur banc NEUTRIK

Effectivement, pas de distorsion, même à 50 ohms de charge. Bref, on est dans la perfection. Mes détracteurs doivent se trouver dans un état de transe, j’ai critiqué pour rien ces composants, uniquement guidé par mon envie de les fustiger gratuitement.

Mais…

Disons le tout net, ces chiffres qui semblent si bon, sont en fait absolument quelconques, voir assez médiocres… Les rares avantages (essentiellement la capacité en courant) n’ayant aucun intérêt dans le domaine de l’audio, on se demande bien où est leur prétendue supériorité…
En effet, qui a dans son système un endroit où un amplificateur de tension est chargé avec des impédances basses, hors amplification de puissance ? Si je peux admettre que des transfos en sortie de convertisseur (par exemple) peuvent présenter un impédance basse en très basse fréquence (ce qui est un défaut inhérent), je vois pas ou l’on peut trouver des appareils avec des impédances d’entrée aussi faibles…L’argument du courant disponible ne tient pas en tant que paramètre pertinent qualitatif, pas plus qu’un éventuel offset d’entrée dont sont munis pas mal de références d’ampli OP intégrés. Si par ajustement l’offset d’entrée peut être réglé très bas, il n’y a pas d’indicateur de sa valeur avec les composants d’origine (mais il doit être très faible de toutes façons, vu le schéma). De toutes façon, des références d’amplis OP intégrés ont des offsets très faible aussi (a supposer que l’on parle bien de la tension d’offset d’entrée)

En fait, si dans l’absolu les mesure du Burson semblent excellentes, tout devient particulièrement humiliant si l’on jette un œil par ici
Ce site est bien connu des amateurs d’amplification. Douglas Self est un des grands spécialistes dans le domaine. A ce sujet, son bouquin « The Audio Power Amplifier Design Handbook » est tout à fait indispensable pour ceux qui veulent concevoir des appareils. Une sommité, donc, qui a aussi mesuré tout un lot d’amplis OP de base, dont le fameux et vénérable 5532…

Et que voit-on ? Que le 5532 a au moins 5 fois moins de distorsion que le Burson. Certes, ce n’est pas le cas en charge faible (inférieure à 450 ohms). Ma question est : « Et alors ? ». Qui utilise ses amplis op dans de telles conditions ?
Un petit coup d’œil ici va définitivement enterrer le pseudo avantage du Burson. Il suffit de mettre des 5532 en parallèle (attention, c’est une vue de l’esprit, il s’agit pas non plus de souder les pattes comme ça). 1 Ci double et on n’a pas de distorsion à 220 ohms. Pour 100 ohms ? Allez, 4 AOP (donc deux CI) et hop, c’est bon. Si ca gène, un petit étage de sortie à 2 transistors, et c’est réglé, on pourrait balancer 1 A si on veut, mais on cherche quoi ? Un ampli de puissance ?

Sachant que 100 pièces de 5532 coutent le même prix qu’un module Burson simple (30€ en gros) , je crois que l’on a compris : ces modules n’ont strictement aucun intérêt, à part contenter un ego plus qu’à améliorer son système (ce serait plutôt le dégrader).

Encore une petite couche ? Un petit tour sur cette autre page de D. Self suffira. Un petit schéma tout simple en bipolaire, un cas d’école, qui peut être amélioré en courant sans ajouter de distorsion (y a tout ce qu’il faut dans son bouquin pour ça). Et que voit-on ? Encore des caractéristiques très supérieures au Burson, malgré l’absence de dispositifs particuliers pour la réduire.

Finalement, on attend toujours ce qui fait que les Burson sont si supérieurs. Ce n’est pas mesurable, ce n’est pas visible, mais ça s’entend au premier coup d’oreille… Si c’est vrai, ca devrait se bousculer au Million Dollars Challenge de James Randi. Et encore, cette somme d’argent n’est rien par rapport à ce qu’une telle découverte apporterait à l’humanité, et à la reconaissance qui s’en suivrait dont raffole l’audiophile de base…
Il ne faut pas oublier non plus que caractériser un ampli op, c’est beaucoup plus complexe qu’un simple taux de distorsion. Mais en audio, une grande partie des paramètres n’ont pas vraiment d’importance : on est dans un des cas d’utilisation les plus simples, mis à part quelques cas spécifiques comme les convertisseurs I/V par exemple (oui, je sais, les Burson semblent ne pas savoir le faire). Il existe un excellent document la dessus disponible chez Texas Instrument. Juste pour avoir une idée.

Et si, en fait, c’est dans la tête que ca se passe.
Noooon, pas possible…

Jipi.

Note : depuis quelques temps, Douglas self a supprimé ses mesures d’amplificateurs opérationnels pour cause de sortie de son bouquin. C’est dommage, mais, à mon avis, ce livre devrait être top niveau.

janvier 14, 2008

Le Sakuma des AOP…

Filed under: Uncategorized — jipihorn @ 2:32

Burson, c’est comme Sakuma, c’est sacré.
Leurs produits n’ont pas eu bonne presse dans ce blog, effectivement, même si ils n’ont pas été testés par les sacripants qui osent les critiquer.
Il y a plusieurs raisons à cela :

-Ils sont trop chers pour justifier un essai.
-Je ne vois pas comment on peut faire mieux qu’un fil qui a du gain qu’est un NE5532 dans le domaine audio.
-Une société qui n’a pas un poil d’informations techniques de base sur leurs produits fait allumer ma lanterne « attrape nigauds ». Mais, j’avoue, c’est purement subjectif (un comble !).
-Les arguments du site entrent directement dans les catégories caricaturales des produits fumeux, surtout quand il y a tentative de faire un peu scientifique (genre bibliographie sans lien avec le sujet).

Cela fait trop pour que ces produits fassent ce qu’ils sont sensés faire.

Mais bon, ces arguments ne feront pas le poids face aux gens qui en ont acheté et qui les trouvent excellents. Tant mieux pour eux, il n’y a rien à redire. La différence est que je n’ai qu’à dépenser 0.2€ pour des 5532 pour avoir le même sentiment, et mettre le reste dans le traitement acoustique de la salle.
Néanmoins, nous avons à disposition tout ce qu’il faut pour voir ce qu’ils ont dans le ventre et leurs vraies caractéristiques. Et donc je lance un appel :

Y aurait-il quelqu’un qui aurait un exemplaire à nous prêter, le temps de les étudier (une journée max) et que nous rendons aussitôt ? La boite aux lettres est ouverte et je serais le premier à faire mon mea-culpa si ces composants présentent des caractéristiques hors du commun qui justifient leur cout et les arguments de vente. Par mail privé, je donnerai l’adresse d’envoi, tous frais à notre charge bien sur…

Ça serait très intéressant et instructif pour tout le monde !

Jipi.

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