Jipihorn's Blog

septembre 22, 2011

Double dumbass quote of the day !

Filed under: Acoustique, Dumbass, Foutage de gueule, Ridicule — jipihorn @ 7:38

Je suis cité et c’est  sur Delphi et c’est encore à la fois prétentieux à souhaits et ridicule au possible :

Extrait de conversation :

Affirmation : Eventuellement tu peux consulter le document des frères Prevost sur le « dressage des escargots » qui contient quelques bonnes choses (bien que j’utilise personnellement une méthode différente et que je pense meilleure…)

Réponse : Le papier des F. Prevost je connais. Mais je préfère ta façon de tordre les pavillons meme si je la connais pas encore.

Fascinant non ?

Il n’est pas nécessaire d’avoir une intelligence supérieure pour reconnaitre le premier auteur,  le roi des affirmations péremptoires sans preuves que l’on peut finalement réduire à néant facilement (1)… Si sa méthode est meilleure selon ses « pensées », c’est quasi certain que ça n’a aucune valeur réelle démontrée comme la totalité de sa production (ou alors ça serait une première). Mais bon, si ça porte son sceau, c’est que c’est Vérité.

La preuve : la réponse, qui, si je la reformule autrement : « c’est de toute façon meilleur parce que c’est de vous, ô mon Maitre dont je bois les parole aveuglement ». Si il savait que j’ai au moins trois autres méthodes de pliages que j’ai développées y a des années, toutes démontables mathématiquement dont je me garderait bien de me prononcer sur la qualité intrinsèque par manque de données analytiques et expérimentales, honnêteté intellectuelle oblige…Mais bon, c’est un concept qui le dépasse manifestement. Qu’il en démontre d’abord la supériorité – n’importe quel demeuré peut affirmer ce qu’il veut sans preuves.

Ce que je trouve incroyable chez Le Cléac’h (qui cela aurait-il pu être ?) , c’est que, même sans aucune expérimentation réelle (je ne parle même pas d’étude théorique élémentaire) , il arrive à affirmer péremptoirement  des résultats définitifs (parce qu’il faut lire « c’est évidement meilleur » quand il dit qu’il « pense que c’est meilleur »). J’aimerais bien voir une vraie description et une vraie démonstration sur des bases solides de sa  méthode de pliage magique, histoire de rigoler un bon coup. Déjà qu’il ne sait pas ce qu’est une méthode à éléments finis (ou encore pire : à éléments discrets), je n’ose même pas imaginer les bases sur lesquelles il s’appuie pour faire ses fameuses « méthodes ». Entre des pavillons CD qui ne le sont pas, les pavillons en estrade qui n’ont pas du tout les caractéristiques supposées (et qui ne pourront jamais les avoir par définition) ou des filtres issus de bidouillages sur feuilles Excel (2) ,  il faudrait un peu que les gens se rende compte de la supercherie.

Vive la science !

Jipi.

(1) Demandez lui par exemple comment il peut concilier sa méthode de construction de pavillons et le fait qu’ils deviennent directifs ? C’est pourtant par définition  totalement incompatible… Je laisse au lecteur de deviner pourquoi, c’est élémentaire quand on connait les bases sur le sujet.

(2) A ce sujet, Il faudrait faire remarquer à J.M. Plantefève que son étude sur les filtres JMLC est faite à l’envers : il ne fait qu’une  paraphrase ce que font les feuilles Excel à postériori et  non obtenir le filtre à priori après une démonstration sérieuse. C’est ce que j’appelle en termes scientifiques une magistrale perte de temps, c’est à dire que ça ne fait que montrer que Excel fonctionne…

Publicités

février 26, 2011

Dumbass challenge of the day.

Filed under: Acoustique, Dumbass, Ridicule — jipihorn @ 10:50

Après avoir épuisé mes stocks de popcorn sur les joutes verbales dans les commentaires, je vais un peu reprendre le flambeau sur un petit post rigolo juste tout frais posté à la fin de la liste :

Vous dites en parlant des pavillons JMLC : » Ces pavillons sont crées sur une base purement empirique ».

Cette affirmation montre bien que vous n’avez pas compris sa démarche. Le profil tel que le calcule Jean Michel Le Cleac’h est au contraire basé sur des équations mathématiques rigoureuses. J’ai moi-même redéveloper ces équations que je peux vous envoyez si vous le désirez. Avez-vous suffisamment de compétences en mathématique pour les comprendre ? Vu vos affirmation péremptoire permettez-moi d’en douter.

Avant de parler, étudiez les sujets que vous abordez. Ca vous évitera de dire des bêtises.

Jean Fourcade

Bon, je passerait sur les ad-hominem habituels des égos surdimensionnés, mais qu’importe. Que monsieur Fourcade m’envoie ses « redéveloppements » d’équations afin que je prenne ma leçon; à supposer que je puisse appréhender leur complexité.

Qu’il ne s’inquiète pas, si je ne comprends pas (on ne sait jamais, même si je connais les bases des équations de Navier-Stokes par exemple, je n’en suis pas un expert), je me les ferai expliquer par des gens qui savent. Mais bon, je ne me fais pas trop d’illusions : je ne vois pas quelles équation(s) originale(s) il va « redévelopper », vu qu’il n’en existe aucune qui soit issues des travaux sur les pavillons JMLC et qui n’étaient pas des trucs triviaux sur le sujet. Ou alors, il ne les a jamais publiées et il est courant de choses que j’ignore.

J’avoue, mon terme « empirique » n’est pas tout à fait le bon. En fait, les pavillons JMLC ne sont même pas empiriques. Ça n’est même pas le cas, ils sont juste basé sur une idée anthropomorphique de comment les ondes se propagent, puis une déduction de caractéristiques totalement arbitraires. Si l’on se réfère à l’article publié sur « Musique et technique », la seule publication officielle, il ne sait pas ce qu’est une méthode par éléments finis (ou pire, « discrets »), il affirme des choses fausses (comme le parallélisme des fronts d’onde supposées) et le tracé final est erroné. Si cela est considéré comme une « base sur des équations mathématiques rigoureuses », je crois que l’on n’a pas la même définition de ce qu’est la rigueur. Enfin, y a un progrès depuis l’article : il ne vend plus sa feuille Excel.

Alors, c’est facile : mon adresse mail est visible et ma boite aux lettres est grande ouverte. J’ai hâte de prendre ma déculottée. Personnellement, je préfère être humilié et apprendre quelque chose, plutôt que de rester dans l’ignorance.

Jipi.

PS : Si les démonstrations sont du niveau mathématique analogue à celui du « reverse engineering » pratiqué sur les WE66, ca va, je suis rassuré – ca me rappellera mes cours de terminale.


Ha, non finalement, fausse alerte : je n’aurai pas droit au redéveloppement des équations de JMLC que je n’ai jamais vues. J’ignorais que l’aigreur – dont j’apprends l’existence à mon égard – annihile les démonstrations mathématiques.
Rhalala.

décembre 30, 2010

Double badass quote of the day.

Filed under: Acoustique, Audiophilie, Badass, Dumbass, Foutage de gueule, Ridicule — jipihorn @ 1:02

J’ai été un peu sévère sur le forum Audax qui, de temps en temps, propose quelques bonnes choses rafraichissantes. Et donc, double citation, qui troue le séant :

Première citation de Forr, que je retrouve bien la, après un petit coup de mou à propos de JMLC :

Le peu que je connais de Ibre, c’est qu’il faut employer des condensateurs de prix genre Munsdorf, des câbles sous gaîne Teflon, des amplis-op Burson, des bonnetières en charge Onken et des 300B pour faire du bon son, tout ça avec des justifications où l’on n’hésite jamais à mettre des approches raisonnées et scientifiques, au placard. Ces recommandations n’arrivent toutefois pas à masquer des faiblesses conceptuelles tant en physique qu’en électronique. Je m’étonne qu’Elektor ait publié Ibre, dont l’esprit ne correspond pas du tout à la philosophie habituellement affichée par cet éditeur.

Pour de multiples raisons, dont en premier celle des les moyens financiers, les débutants ne peuvent s’encombrer ainsi. Une approche saine de l’audio, où l’on se fait réellement plaisir, ne nécessite nullement une montagne de formules mathématiques, pas plus qu’une place gigantesque.

Le fil « Boîte à chassures » montre parfaitement qu’il y a une demande concrète pour des systèmes modestes en moyens. Leur cohérence globale est souvent très supérieure aux gros systèmes et permet de se constituer une référence de base pour aller vers des choses plus ambitieuses. On apprendra bien plus à faire ses armes avec ceux-ci qu’avec des appels insensés au gigantisme et à l’extravagance au seul nom de leur supériorité subjective, pour laquelle ceux qui sont pas d’accord ne savent pas écouter parce qu’ils sont bourrés d’a priori, sont inexpérimentés, n’ont jamais en présence de ces gros systèmes.. Sous-jacent à de tels discours, typique d’Ibre, il y a un détestable mépris.

Et puis Francis Brooke :

La démarche charmeuse mais piegeuse.
Le mépris clairemment affiché du « bas-rendement » ou des « petits systèmes ». Dit autrement « Si vous n’avez pas 4x38cm dans votre salon ce n’est pas de la hi-fi ».
Des notions de base incomprises en ce qui concerne plusieurs domaines comme l’alignement temporel ou le filtrage (FI confond lui aussi déphasage et retard).
Son coté dinausaure, visible lorsqu’il prend des photos de l’écran d’ordinateur pour les mettre sur un forum…
Son coté borné qui se traduit par son incapacité à se remettre en cause,

Tous ces éléments font que ce livre est clairement à déconseiller aux débutants.

A une époque, j’avais commencé à lister un certain nombre d’incohérences et d’incompréhensions :
Bien-entendu_commentaires

Mais il y a tellement d’erreurs…

D’autres personnes ont également écrit à l’éditeur pour dire leur surprise de voir publié un livre pareil.

Pour ce dernier, je comprends qu’il reste discret en général. Quoi de plus déprimant de perdre un temps et une énergie considérable à essayer de débattre avec quelqu’un qui reste totalement obtus malgré les preuves amenées. Même si j’ai probablement déjà eu ce travers, y a un moment où c’est plus tenable. De plus, je trouve que Francis Brooke est très conciliant vu la masse réelle de fausseté qui règne dans cet ouvrage, mais il doit être d’un naturel très (trop) courtois. Et malheureusement pour lui, il est moins prompt à jouer de la rhétorique : il faut se méfier des gens qui commencent un bouquin dédié à la hifi avec trois chapitres de pseudo-philosophie, même un argument qui semble imparable sera vaporisé avec une manipulation fallacieuse dont Ibre a le secret.

Jipi.


Décidément, on en apprend de belles via ce fil  sur Audax, en citant un contributeur (Martian) qui s’est carrément fait virer parce qu’il était un peu trop doué pour le Maitre – qui est sorti de ses gonds et c’est pas joli à voir. Ce Martian est très bon et soulève les bonnes questions.

Accessoirement, on y apprend, dans cette discussion à propos des enceintes closes,  le 12 novembre 2010,  Francis Ibre a appris un truc nouveau en audio : l’existence de la transformée de Linkwitz.

Comment dire…

Ha, et puis y a des photos de mesures qu’il a faites ; faudra lui expliquer le AltGr+PrintScreen sur le clavier. Mon dieu, il est obligé de passer à des divisions de 20 dB pour avoir quelque chose de potable visuellement… Je parle pas de la réponse impulsionnelle, j’aurais tout foutu à la poubelle si j’avais pas pu obtenir mieux que ça… A mon avis, celui qu’il a banni doit mourir de rire (j’avoue que j’en suis pas loin non plus).

Y a bien un truc que je dois beaucoup à Francis Ibre, c’est de me donner de quoi faire des billets pour longtemps, sans jamais me répéter tellement c’est riche.

Kickass test for loudspeakers.

Filed under: Acoustique, Kickass — jipihorn @ 8:38

Le monde du tuning car audio est une faune bigarrée où tout se côtoie. Quand il s’agit de haut parleurs de graves, rien n’est trop gros et rien ne bouge assez. Est-ce un monde ou on veut compenser quelque chose ?  Et pour alimenter le tout, ils font leur propre production sonore. Bon, ca vole souvent pas très haut mais quand on veut des basses, y des tests qui tuent.

Y en a un que je trouve meilleur (1) que les autres car non seulement il est écoutable (pour une fois que ce n’est pas du rap tout pourri, même si cela reste du easy listening) et est plutôt bien fait.  Ça nous change de ces simili-musiques aux  basses sortant d’un générateur BF. Ce que j’aime bien avec ce test, c’est qu’il est extrêmement traitre et sur un système « normal » (genre voix du théâtre , l’enceinte de foire audiophile), on  n’imagine même pas qu’il y a des basses la-dedans. Sauf si on pousse un peu et qu’on entend des bruits bizarres.

Il est un très bon exemple de l’inanité souvent proférée dans le milieu audiophile qu’avoir un système qui descend à 40Hz suffit amplement. Je les entends d’ici affirmer pour leur défense « vaut mieux avoir un bon 40Hz qu’un mauvais 20Hz », défense qui tombe à plat car on a les moyens d’avoir d’avoir du bon 15 Hz (mais il faut prendre du matériel moderne et avoir une bonne salle), surtout quand je vois les moyens souvent dépensés dans du matériel inepte. Et par ailleurs, penseraient-ils un seul instant avoir symétriquement un système qui coupe de l’autre coté à 10kHz ? Jamais entendu dire « il vaut mieux avoir un bon 10kHz qu’un mauvais 20kHz ».

Ce morceau perd 95% de son intérêt si on a un système qui descend pas un minimum (disons 30Hz). Nous avons d’autres exemples dans ce cas (chez Rune Grammophon notamment). Certes, il est extrême et le contenu entre 10 et 3 Hz n’est pas ce qu’on appellerait un apport sonore. Néanmoins, techniquement parlant, il permet de tester des choses comme le bruit des suspensions, d’écoulement des évents, les vibrations parasites des objets dans la salle ou  la distorsion harmonique de rang plutôt élevé (le signal à 10  Hz pourrait faire entendre de la H4 à 40 Hz), car les notes sont suffisamment espacées pour pouvoir comprendre ce qu’il se passe. Et l’idée de la vidéo qui donne les contenu fréquentiel en même temps est vraiment sympa.

Attention à ne pas sur-estimer son système, surtout les bass-reflex où les HP vont se comporter comme si ils étaient à l’air libre. C’est mêmes pas la peine d’essayer avec des Supravox, des Lowther ou même des voix du théâtre pour essayer d’entendre autre chose que le piano. Je ne sais pas ce que ça donne sur des Raptor, Thierry essaiera peut-être, mais ça ne m’inquiète pas vraiment. Sur les Acoupower qui sont réglés pour être à 0dB à 15 Hz (par un simili-Linkwitz fait avec le DCX), je n’ai pas pu trouver la limite, l’ampli sature bien avant (120W par canal en gros, c’est pas beaucoup, il m’en faudrait au moins le quadruple). Néanmoins, le niveau est intense et c’est très confortable; j’ai la chance de n’avoir rien qui vibre (merci la brique de verre).

Jipi.

(1) : il faut télécharger les versions d’origine données dans la description. Mais c’est intéressant de voir ce que la compression YouTube donne sur un tel fichier. Une version mp3 (320 kb/s) existe aussi (mais il a des défauts). D’autres exemples plutôt tordus sont disponibles sur son canal YouTube, noyés dans des trucs plus ou moins insupportables, principalement ceux comportant les chiffres en fréquence dans la vidéos.

décembre 25, 2010

La réalité n’est pas simple…

Filed under: Acoustique, Audiophilie, Fondamentaux, Geddes, Pavillons — jipihorn @ 9:56

Tous les ans, l’European Triode Festival réunit les adorateurs de vieilleries et de l’illusion de progrès. A part le folklore et le coté inoffensif du truc, c’est plutôt une perte de temps si l’on s’attache à ce qui est vraiment important en audio. Néanmoins, c’est une occasion pour les piliers d’asseoir leur existence et de rencontrer ces obsédés du détournement de vieilles technologies pour faire des appareils qui, finalement, n’ont aucun intérêt. J’avoue que cette année, quand je vois un titre comme « new circuits and preamp-designs » et le contenu réel, je me demande si ça n’est pas un canular.

Cette année, grand concours de pavillons. Alors, c’est sur que notre expert national, Jean-Michel Le Cléac’h -JMLC pour faire court- va leur montrer qui est le patron. Pourtant, avant même de commencer, il était évident que les conditions allaient être particulières : salle probablement grande, public étalé, évaluations subjectives. Donc, il peut y avoir des risques que les pavillons chers à JMLC ne soient pas dans leur élément. Pourtant, et la je ne donne qu’un avis purement provocateur, je suis convaincu qu’il y est allé la fleur au fusil. Je ne sais pas si il avait la liste des autres pavillons en lice, mais c’est sur que si il l’avait, c’était la consécration assurée. Regardez plutôt :

  • Des vieux machins en tôles de la guerre 40, totalement dépassés et reconnus pour leur piètre qualité intrinsèque (Melaudium, Gaumont Kalee,Altec…).
  • Des trucs réputés pour être ineptes et qui le sont (Fostex, JBL2397).
  • Des machins totalement ridicules, moches et prétentieux (Acoutic Horn co.).
  • Des trucs un peu plus réputés au niveau de l’étiquette, mais qui ne nous rajeunissent pas vraiment (Klangfilm).
  • Des trucs haïs par le maitre (Ledauphin).
  • Des trucs similaires à ceux du maitre, mais bon, il sont moins bons quand même, faut pas déconner non plus (Kugelwellen).

Donc, finalement, rien de bien effrayant. Sauf que les résultats ne se sont pas déroulés comme prévu. Ou plutôt si. Mais non. Que le pavillon JMLC ne soit pas le tout premier, bon, qu’importe. Mais il a même pas atteint les demi-finales. C’est plutôt vexant. Pas autant que le concours de large bande de Mélaudia, mais quand même.

En fait, je vais être clair. Vu les conditions de mesure et d’évaluation, le classement n’a a peu près aucune signification. Et ca ne veut pas dire que les pavillons JMLC sont mauvais – ils ne le sont pas si ils sont utilisés dans un contexte bien précis. Simplement, la réalité, ce n’est pas aussi simple. Ces pavillons sont crées sur une base purement empirique, sans aucune étude réelle au départ. Je vois surtout ici un coup de bol et non quelque chose de prévu à l’avance. En fait, je suis sur qu’un tractrix de base fournira des résultats similaires dans des conditions identiques (en l’occurrence, les pavillons s’arrêtant au même endroit) et ces pavillons ne sont en rien une avancée par rapport à ce qui existait avant. Simplement le tracé est plutôt sympa, même si il n’est pas cohérent avec ce que l’onde fera en vrai (il suffit d’étudier un peu les équations de propagation pour s’en convaincre – voir les écrits de Morse). Et il n’est pas moins malin d’imaginer une continuité des tractrix au delà de 90°. Il n’y a pas de démarche scientifique réelle ici, juste des ressentis, des lois subjectives et je doute qu’à époque de la conception de ces tracés, années 80 si je ne m’abuse, il avait une connaissance approfondie de la propagation d’ondes dans les pavillons.

Que des Klangfilm aient gagné, bon, pourquoi pas. Le culte voué à ce type de matériel, seul représentant dans ce concours, biaise fortement une évaluation subjective qui est vouée de toute façon à l’échec dès le départ. Et puis, les gars de Klangfilm savaient faire du matos, c’est tout. Je suis pas sur que la directivité du modèle AlNico soit si différente de celles d’un pavillon JMLC, d’ailleurs. Si il y avait eu du Western Electric, c’est quasi certain qu’ils auraient été dans une position meilleure que leur qualité intrinsèque. Que les Ledauphin soient passés devant, ca doit l’agacer un peu plus. Il hait ce type de pavillons et il ne se prive pas de le rappeler dès que l’occasion se présente. Pourtant, même aux mesures, il n’est pas ridicule, malgré la présence du défaut de la TD-2001 qui, on se demande bien pourquoi, n’a pas été corrigé (je vois d’ici l’argument que la méthode de la résistance série ne fonctionnera pas, mais il y a d’autres moyens tout aussi efficaces quand l’impédance n’est pas le dual de la courbe de réponse¹ ).

Et donc, évidement, on aura droit à l’incontournable et modeste explication² comme quoi, ce n’est pas lui qui a gagné, mais c’est normal, les gens préfèrent ce qui n’est pas neutre et ses pavillons n’étaient pas dans les bonnes conditions. Ce n’était pas prévisible ça ? Pourtant, c’était gros comme une maison. En fait, JMLC s’est donné du mal pour rien avec ces explications, surtout que les premières sont assez farfelues et/ou totalement spéculatives. La dernière raison suffit à elle-même : une évaluation subjective qualitative ouverte, sans double-aveugle fournit des résultats aléatoires. Le problème ici, c’est que même en aveugle, ca n’a aucune valeur car on parle de préférences plutôt que de différences. Ce qui me faire rire c’est l’excuse que ca n’a pas été fait en aveugle, lui qui est foncièrement contre³. Ce n’est pas de la science sélective quand ça arrange, ça ? Pensez vous que si il avait gagné le concours, il aurait cité toutes ses raisons pour relativiser le succès (ce qu’un esprit scientifique doit faire) ?

Enfin, bon, qu’il n’ait pas gagné, ça n’a pas spécialement d’importance en soi. Ça ne remet pas en cause la qualité et les défauts de ses pavillons. Par contre, ce qui est beaucoup plus gênant, c’est la surestimation des informations que ses mesures peuvent fournir. La encore, il maquille des techniques de mesures tout à fait banales pour faire croire qu’il y a des avancées. Et ca n’est pas parce que l’on remplace les transformées de Fourier par des transformées en ondelettes que ça ajoute fondamentalement de l’information pertinente. C’est vrai que le spectrogramme est sympa au niveau lisibilité, mais ca ne reste qu’un spectrogramme (ou plutôt un scalogramme ici). Et ca n’est pas parce que c’est JMLC qui le fait qu’il va en sortir de nouvelles propriétés. Pourtant, il ne s’en prive pas pour affirmer péremptoirement (qui serait surpris ?) qu’il peut lire dessus les fameuses HOMs. Soit il parle du même phénomène décrit et étudié en long en large et en travers par Geddes, soit c’est un homonyme qui décrit un atout autre phénomène mais faut franchement être tordu pour lui donner ce nom. Les HOMs sont les composantes qui composent la forme d’une onde qui se propage, d’une manière similaire aux harmoniques. Le premier degré est normalement celui qui existe seul dans les pavillons particulier dits 1P, pavillons rarissimes et quasiment impossible à réaliser en pratique parce que l’on n’a pas vraiment de sources acoustiques adaptées. Quand la fréquence augmente, des termes supplémentaires apparaissent pour que l’onde se déforme afin suivre les règles de propagation et des valeurs aux limites. Tout ceci est décrit dans l’ouvrage de Geddes et cette technique permet, chose extrêmement puissante, de calculer la forme de l’onde à tout endroit. C’est sur que c’est un poil plus ardu que Webster.

Et donc, je m’en suis allé soumettre ma question à Geddes sur son forum, histoire de vérifier si mes doutes sont bien justifiés. Si JMLC parle des HOMs tels qu’ils sont définis par Geddes, non seulement il n’a pas compris ce que c’est, mais en plus il affirme qu’ils sont visibles sur des mesures dans l’axe. Chose qui est impossible vu la définition. Geddes a souvent émis la difficulté élevé de mesurer directement le HOMs, et ceci réclame au moins des mesures en grandes quantités hors axe. Qu’il conclut que les mesures de l’ETF2010 sont faite pour mettre en avant les pavillons JMLC c’est légitime, vu comment c’est présenté. Ça n’est pas forcément le cas, mais je trouve l’excuse en bois du « retard dans les préparatif » pour justifier l’absence de mesure hors axe tout à fait ridicule. Combien de temps cela aurait-il pris en plus par pavillon avec des positionnements préétablis ? 30 secondes ? 1 minute ? Ça aurait pourtant été un argument de poids supplémentaire pour justifier telle ou telle préférence du public , pour ceux qui étaient mal placés par exemple. Ça me donne surtout l’impression que ce n’est pas le genre de mesures qui l’intéresse. Après on pourrait me dire que, par exemple, j’en ai pas donné pour les pavillons des ET-703. C’est tout à fait vrai, mais ici c’était le but de comparer deux pavillons qui ont des directivités extrêmement différentes. Il était plus flagrant déjà de gommer des défauts dans l’axe, sachant que la directivité est plus élevée dans les pavillons usinés. Et puis, je suis pas dans un concours de pavillons non plus.

Bon, je vais passer sur la malhonnêteté intellectuelle en mon endroit, vu que mon post sur Geddes n’a pas comme sujet ses pavillons, mais ce qu’il déduit de ses mesures. C’est une tentative de diversion, ou alors il n’a pas compris de quoi ça parlait (j’en doute). Mais quoi qu’il dise, ce qu’il affirme dans son texte sur les HOMs est faux. Dommage parce que c’est le seul point qui ne soit pas une banalité. Et mettre des figures qui n’ont pas de lien avec le sujet (juste la petite publicité pour ses pavillons comparant des poireaux et des choux-fleur) ne changera pas grand chose. Ou a-t-il vu du « ETF bashing » ? On parle de ses mesures, point barre. Que ce soit à l’ETF ou à Lourdes, ça m’indiffère complétement. Je ne vois ici qu’une pauvre tentative de victimisation, histoire d’occulter le vrai fond :  coté HOMs, il dit n’importe quoi (ou alors, qu’il fasse une vraie démonstration scientifique avec les preuves et qu’il le soumette à Geddes). Pourquoi ne prend-il pas la peine de répondre lui-même sur le site, histoire de remettre tout le monde en place ?

Plus ou moins lié à ce sujet, une discussion sur le forum des gens qui perdent leur temps s’est mise en route. Vu que l’on hésite à me nommer en ces lieux de peur de je-ne-sais-quoi, je vais pas me priver de les citer ici. Ici l’on peut apprécier des conversations entre gens qui manifestement n’ont pas vraiment compris le sujet et qui confondent allègrement les pavillons coniques d’Acoustic Horn et les guides d’onde de Geddes. C’est sur, le site d’Acoustic Horn mélange sans vergogne le tout, histoire de semer le trouble et pour se donner une façade de sérieux – caractéristique qu’il ne mérite vraiment pas. Mais quand on a l’esprit un peu scientifique, on va chercher aux sources, pas sur une page de pub d’un individu qui s’improvise expert en pavillons. Le pavillon de Geddes suit une loi bien particulière décrite simplement en coordonnées sphéroïdales aplaties et, donc, n’est pas conique (il le devient asymptotiquement). Sa conception suit une démarche purement scientifique de A à Z et ne tombe pas du ciel à la suite d’un profil qui a l’air sympa. Il est modélisé et parfaitement décrit avec une connaissance complète de ses limites et de ses qualités issues d’un choix de démarche parfaitement clair qui se justifie, à mon avis, mieux que celle choisie à postériori – à la lecture des résultats purement expérimentaux – par JMLC. Geddes avait simplement une connaissance complète des propriétés avant de le construire contrairement à JMLC qui supposait telle ou telle qualité et en a ajouté même avec le temps sans aucune justification réelle. Et la, je ne parle pas de simulation, mais de conception, ce qui est tout à fait différent.

Ce qui est agaçant chez Audax, c’est le manque total de discernement entre la vraie démarche scientifique et celle qui veut faire croire. J’ai du mal à comprendre que Forr, qui est pourtant probablement techniquement le plus compétent du forum, tombe dans le panneau. Comment considérer comme exemple d’application de la méthode scientifique quelqu’un qui considère la thèse de Cheever comme un document ayant le moindre contenu pertinent ? Désolé, après toutes ces années à étudier le scepticisme scientifique et donc commencer par comprendre les fondements de la méthode, je ne vois rien de sérieux dans la méthodologie scientifique telle qu’elle est appliquée par JMLC. Ses sources sont souvent douteuses et sélectives et toujours choisies pour abonder dans son sens. Ça ne veut pas dire qu’il a tord en soi, je parle ici de méthode. Ses créations ne sont pas issues d’une telle méthodologie. Tracer une courbe parce qu’elle semple sympa ou bidouiller une page Excel pour faire des filtres électriques à la main, ce n’est pas ce que j’appelle de la science en marche. Alors mettre JMLC au niveau d’un Geddes ou d’un Toole, franchement, faut rester raisonnable. On peut ne pas être d’accord avec Geddes ou Toole, mais on ne peut pas les critiquer sur la méthodologie. Eux même ne sont pas toujours d’accord sur la définition des critères de qualité d’une enceinte quand elles sont soumises à des écoutes subjectives. C’est ainsi que la science avance. C’est autre chose que de faire des écoutes improvisées inutiles entre audiophiles passéistes et de venir fanfaronner (« si je gagne je suis un génie, si je perds les autres sont stupides« ) . Combien de papiers JMLC a publié et passé le peer-review ? L’AES ou l’ASA, ce n’est pas Audax ou DiyAudio.

Ce n’est pas croquignole, c’est ridicule.

Jipi.

(¹) Cet argument qualitatif de son pavillon – courbe d’impédance régulière – en prend sérieusement un coup quand on passe à un autre moteur que la TAD. Quand je parle d’un coup de bol…

(²) Quand quelqu’un commence une explication par « Il serait très prétentieux de ma part de prétendre que… », c’est certain qu’on va avoir droit à un concentré d’arrogance. C’est juste le lubrifiant pour que ca n’en ait pas l’air.

(³) Pour ceux qui n’ont pas de compte Delphi, je cite : « Ce n’est pas moi, qui suis totalement opposé aux tests en aveugle, qui m’aventurerai à proposer une méthodologie pour ce test d’audibilité de la préondulation. »

novembre 23, 2010

MKII ou pas MKII ?

Filed under: Acoustique, Bricolage — jipihorn @ 12:23

J’ai reçu pas mal de courriers à propos du remplaçant du Raptor et sa compatibilité éventuelle avec l’enceinte que l’on avait décrite il y a quelques années déjà.

Cette nouvelle version arbore une membrane en aluminium plus lourde que la précédente et des paramètres sensiblement différents. N’ayant jamais eu ces versions en main, on ne peut que supposer ce que donnerait un remplacement ou ce que serait une éventuelle modification de l’enceinte.

Le problème vient surtout de la précision des paramètres fournis. L’ancien modèle avait des paramètres réels bien différents de ceux fournis, donnant un QTS plus élevé et une fréquence de résonance un peu plus basse. Ces paramètres se rapprochent de ceux de la nouvelle version. L’inconnue est comment la nouvelle version se mesure dans la réalité. Si elles sont proches de ce qui est publié, la compatibilité est assurée et les nouveaux paramètres sont même plus intéressants encore. La fréquence de résonance plus basse  pourrait même raccourcir un peu l’évent et supprimer le bout de 108mm de l’enceinte n°2 et donc simplifier la construction. A priori, je ne verrais pas de raison pour laquelle ce modèle ne fonctionnerait pas bien qu’il fournirait à priori plus de basses que l’autre et qui serait plus adapté à une salle à faible room-gain. A partir de la, il est difficile de se prononcer plus, faute de ne pas avoir de modèle réel sous la main. Néanmoins, les chances d’avoir quelque chose qui ne marche pas du tout  sont assez faibles.

J’ai reçu quelques courriers aussi à propos de son petit frère, le Raptor 6. C’est un HP plutôt curieux, qui réclame des tout petits volumes. Ils serviront pour les enceintes surround, mais il en faut deux pour avoir quelque chose de constructible avec un volume utilisable, surtout si l’on veut mettre un évent. Ce HP est bien un représentant de sa gamme : il est puissant, très bien construit et robuste. Par contre, il n’y a pas de spider sous la membrane, donc attention à toute limaille qui pourrait trainer et se retrouver dans l’entrefer. Je ne l’ai pas encore utilisé réellement, mais Thierry a construit un ampli de guitare avec et en obtient des résultats très intéressant pour une enceinte à la fois transportable et qui donne des basses. Une manière de les utiliser serait de les mettre en enceinte close et corriger avec une transformée de Linkwitz pour obtenir ce que l’on veut. Avec cette stratégie, le volume de l’enceinte n’a quasiment aucune importance, il suffit de mesurer le Fb et le QT de l’enceinte et de corriger vers une autre couple Fb et QT. Pour l’instant, je n’ai pas de résultats réels bien que j’ai deux paires de Raptor 6 depuis des années. Mais ca viendra. Pour l’instant, j’ai déjà largement de quoi faire avec les supports des gros pavillons (et les amplis qui vont avec) – avoir une CNC permet de se fabriquer des fixations autrement plus… osées.

Jipi.

septembre 18, 2010

ET-703 : les mesures.

Filed under: Acoustique, Bricolage, Pavillons — jipihorn @ 3:42

C’est bien joli d’usiner des pavillons, mais il faudrait voir si ils sont un progrès par rapport au précédents ! Si, à l’écoute, il semble bien qu’il y ait une différence sensible (en bien), on n’est pas sur si c’est bien une amélioration ou une dégradation flatteuse. D’où la vérification avec des mesures, seul moyen efficace de voir ou l’on va et de quantifier ce qui est perçu.

Donc, voici les mesures dans l’axe montrant les différences entre l’ancien pavillon et le nouveau, sous deux coupures différentes.

Tout d’abord, l’ancien pavillon :

ET-703, pavillon d'origine, avec coupure à 1kHz et 8kHz (Linkwitz Riley 24 dB/octave)

On retrouve ce creux déjà rencontré vers 8-10 kHz. Remarquons que le niveau sous 7kHz est plus élevé que le reste. C’est une propriété intrinsèque au moteur qui se retrouve quelque soit le pavillon – même sans pavillon du tout !

Maintenant le nouveau :

ET-703, nouveau pavillon, avec coupure à 1kHz et 8kHz (Linkwitz Riley 24 dB/octave)

Les conditions de mesure sont exactement les mêmes sans lissage. On peut voir immédiatement que le creux de l’ancien pavillon est quasiment absent et les irrégularités (très probablement dues aux diffractions aux arêtes du pavillon) sont gommées.

Comparons les deux pavillons simultanément :

Bleu : ancien pavillons - Rouge nouveau pavillon - Coupure 1kHz

Bleu : ancien pavillons - Rouge nouveau pavillon - Coupure 8kHz

On peut voir immédiatement l’amélioration de linéarité. On remarque de plus la raison pour laquelle TAD préconise une coupure à 8kHz : ca n’est pas parce que le moteur ne supporterait pas la puissance, c’est parce qu’il y aurait une tonique du à la remontée de niveau ! En fait, non, TAD préconise une coupure  à 5 kHz, ce qui est trop bas pour une courbe de réponse plate. Il est possible qu’il  y ait une raison dans leur configurations, mais l’ET-703, en configuration hifi, ça se filtre entre  7 et  8kHz, un point c’est tout ! Pour information, voici les courbes en fonction de la fréquence de coupure :

Courbe de réponse Et-703 en fonction de la coupure basse, de 4.5kHz à 8.5 kHz, avec une valeur proche de l'optimal à 7.7 kHz

Malgré tout, si une coupure donnée donne un résultat correct, la coupure réelle est plus basse, ce qui complexifie le filtrage au niveau de la voie du dessous qui ne devrait pas être filtrée à la même valeur que le tweeter… Les méthodes de filtrage habituelles sont plus ou moins mises en défaut et cela montre à quel point le filtre doit toujours être lié à la configuration que l’on utilise et non une valeur théorique. Ceci est particulièrement vrai pour l’ET-703 !

En tout cas, c’est bon, je garde mes nouveaux pavillons…

Jipi.

juillet 19, 2010

l’ET-703 et son pavillon.

Filed under: Acoustique, Pavillons — jipihorn @ 11:46

Le tweeter  TAD ET-703 fait partie de ces composants mythiques que le monde audiophile affectionne. Certains le détestent, d’autres l’adorent. Techniquement, c’est le seul moteur réel dédié à cette fonction; les autres haut-parleurs genre JBL ou Fostex sont des tweeter annulaires, sauf le 045Be JBL – Le seul qui rivaliserait – mais je ne suis pas convaincu par son pavillon. Les arnaques type Goto Unit  ou YL sont des espèce d’hybrides avec une membrane en dôme et une sortie quasi annulaire. Aucun de ces modèles n’ont de pièce de phase digne de ce nom à ma connaissance. Les TAD sont comme des moteurs de médium mais en miniature, ici une sortie d’un demi-pouce. Technologiquement, il sont assez classique, mais la qualité industrielle reste insurpassable, surtout comparée aux modèles artisanaux dont on a aucune garantie de tolérance de caractéristiques entre unités.

Le problème actuel de ces transducteurs est leur prix qui a explosé ces dernières années. De exorbitants, ils sont passés à inabordables. Il ne vaut mieux pas casser un diaphragme…

Maintenant, ce sont des objets plutôt étranges au niveau du pavillon. Si leur conception avait probablement des contraintes très particulières à l’origine au niveau directivité, elle semble plutôt décalée pour une utilisation hifi « standard ». Beaucoup de gens pensent que ce sont des pavillons à diffraction, ce qui est faux, tout comme les anciens Fostex T825. Ce sont des vrais pavillons avec deux angles d’ouverture bien définis et, malheureusement, une sortie abrupte qui va inévitablement diffracter. Contrairement à ce que l’on croit, ils sont plus directifs dans leur dimension la plus faible, même si la rupture tend à lisser l’effet. Il suffit simplement de mesurer  (fente tweeter horizontale) :

Bleu : Axe - Rouge 30° axe gauche-Droite - Vert 30° haut-bas.

Ce qui fait que je les monte avec la fente à l’horizontale, pour avoir une directivité similaire à celle des pavillons de médium. Si ils sont montés à la verticale sur les enceintes Exclusive, c’est certainement pour des raisons bien particulières pour une utilisation particulière. Remarquez que en dessous de 8kHz, la diffraction lisse la directivité, mais elle devient inopérante aux fréquences supérieures, faisant chuter le niveau rapidement (courbe verte). Le problème, c’est que ces haut-parleurs sont utilisés à partir de 8kHz : ne pas compter sur la diffraction pour contrer la forte directivité du pavillon due à son  angle d’ouverture faible.

J’ai toujours trouvé les TAD un peu plus « ternes » que les tweeters que j’ai eu jusque la (attention à bien prendre le terme au niveau ou il doit être pris) . La raison peut se voir sur la courbe de réponse où un creux vers les 8-10kHz est présent, probablement pour des raisons d’interférence entre l’onde incidente et les ondes diffractées (courbe des deux tweeters) :

Cela semblerait être le point faible de ce transducteur dans une  utilisation généraliste. Remarquez à quel point les deux transducteurs sont similaires – n’imaginez même pas avoir une telle homogénéité avec d’autres marques artisanales japonaises…

Après avoir usiné des petits pavillons standard, genre tractrix, je peux l’affirmer maintenant : le pavillon d’origine du TAD est LE point faible de ce haut-parleur dans une utilisation HiFi standard. Le passage aux nouveaux pavillons a immédiatement enlevé cet aspect « terne », probablement à cause de la disparition de ce creux que je devrai confirmer à la mesure sous peu. Une écoute un peu attentive sur quelques morceaux sélectionnés montre immédiatement l’impact du pavillon sur les résultats. Ils sont très nets, mettant en avant les défauts intrinsèques du pavillon d’origine.

En gros, vous voulez le top du tweeter ?

ET-703 avec un autre pavillon.

Oubliez Onken, Goto et autres ALE : y a aucune technologie réelle et la qualité de fabrication est indigne – la qualité d’un tweeter ne se mesure pas à la masse  des aimants.

Une petite note à propos des pavillons usinés. Ce sont des tractrix parce qu’il fallait qu’ils se terminent à 90° car ils sont montés sur un baffle. Si il étaient utilisés en l’air, un Le Cléac’h aurait pu être utilisé jusque 180° mais sur baffle plan, ça n’a pas d’intérêt. D’un autre coté, quand on est limité à 8cm de diamètre, il n’y a pas beaucoup de solutions si l’on veut un minimum de surface pour le pavillon. Contrairement à des versions en aluminium dévoilées il y a quelques temps (très jolis), ces petits pavillons conservent la compatibilité de montage dans toutes circonstances. J’aurais construit un guide d’onde si j’avais pu le faire, avec juste un arrondi extérieur. Mais ca passait pas, géométriquement parlant.

Jipi.

mai 25, 2010

Béotien et frotte-manches partie 1 : l’effet Dunning-Kruger.

Ceci est un article en plusieurs parties servant de soutien à la dernière qui servira d’exercice d’application. Il est publié dans l’ordre inverse, ce qu’il fait que les articles sont dans l’ordre de lecture et vous pouvez lire les suites :

Béotien et frotte-manches partie 2 : kit de détection de foutaises.

Béotien et frotte-manches partie 3 : bruit blanc sémantique.

Béotien et frotte-manches partie 4 : étude d’un… hem… cas.

Peut-être que certains d’entre vous ont entendu parler de l’effet Dunning-Kruger. Pour les autres, cet effet est un biais cognitif qui se matérialise par une surévaluation des compétences par les incompétents et réciproquement. L’étude de Justin Kruger et David Dunning parue en 1999 dans le revue Journal of Personality and Social Psychology est très sérieuse, bien que peu politiquement correcte, malheureusement en anglais. D’ailleurs, cette étude a reçu l’Ig nobel 2000, tellement elle semble décalée. Attention, si l’Ig Nobel était à ses début défini comme un prix récompensant les études « ne peuvent pas ou ne doivent pas [sous-entendu, car inutiles ou nuisibles] être reproduits », il est depuis défini comme « Faisant rire les gens au premier abord, puis les fait réfléchir ». Ceci pour préciser si certains pourraient se sentir visés et aller foncer sur la version française de Wikipédia qui est fausse.

Ce texte montre une espèce d’universalité sur la surévaluation de ses compétences lorsque l’on n’en a pas. Elle étudie ce phénomène dans différents contextes avec des résultats similaires. Il faut bien admettre qu’elle ne fait que mettre au jour quelque chose que l’on suspectait déjà. Il est probable que tous les lecteurs qui se sont spécialisés dans un domaine se souviennent comment ils étaient en tant que débutant et comment ils perçoivent leurs compétences en tant que confirmés. Attention, ça n’est pas une question de temps (les compétences n’arrivent pas tout cuit en attendant et en tournant en rond), mais de formation et de pratique. Des variantes existent comme « l’illusion de supériorité » ou l’effet du Lac Wobegon, ce dernier s’appliquant plus à un groupe qu’à un individu.

Moi même, quand j’étais gamin et que je faisais mes circuits imprimés, je me voyais alors comme un cador en électronique. Effectivement, faire des circuits c’est facile, mais de là à percevoir tout le monde qu’il y a derrière, il faut le vouloir. On peut rester toute sa vie à ce niveau, pensant être compétent, alors que l’on a une connaissance du domaine ridicule. Une fois dans les cours sérieux d’électronique, la, on se remet en question, on jette tout ce que l’on sait (qui est souvent faux car on a tendance à créer ses propres théories) et on commence à causer sérieusement. Plus on se spécialise, plus on se rend compte de ses lacunes, ce qui fait que, finalement, les plus compétents sont souvent les plus prudents (je n’ai pas dit modeste).

Même chose en musique. Après avoir joué tout seul des rythmes de rock, on se prend à être le meilleur car on sait jouer ce qu’on a sur ses disques. Et puis un jour, on rencontre un prof compétent et l’on aborde tout à coup la lecture de partition, le solfège, la technique… Et on se rend compte que l’on ne sait rien. Et puis, on apprend, on travaille (chose que je n’ai pas assez faite à l’époque malheureusement) et on reste prudent car plus on avance, plus on se rends compte que l’on en a seulement juste égratigné la surface.

Autre domaine, l’informatique. Quand on est ado, on se prend pour un hacker de génie. Parce que l’on fait de l’assembleur, qu’on fait quelques algorithmes malins, on se prend pour un grand informaticien. Puis, on se retrouve dans une boite avec des gens qui font ça depuis des années. Et puis, on s’en prend une bonne dans la tronche : on se la ferme et on écoute. Écrire du logiciel pour de la production industrielle, ce n’est pas faire du bidouillage. Et ça, il faut des années de pratique pour commencer à dire, par exemple, je connais bien la programmation C++ (ici, je ne parle que d’un langage). On rencontre l’effet simplement dans les CV d’étudiants fraichement débarquées de leur école ont des CV avec 15 langages, 10 méthodes, 10 systèmes d’exploitation. Et puis, au bout de 20 ans de métier, on peut se dire que l’on connait réellement qu’une poignée de langages, quelques technologies, aucune méthode applicable telle quelle en pratique et les évolutions du même système d’exploitation.

Avec le temps, la dure réalité rattrape toujours quand on se retrouve face à des vrais experts. Avoir entendu parler, ça n’est pas connaitre. Et, lorsque l’on n’a pas eu la chance de prendre sa fessée, les lacunes sont souvent comblées par des théories fausses crées ad-hoc, souvent inconsciemment pour « expliquer » les manques éventuels d’une connaissance limitée.

Prochaine partie : comment détecter les foutaises avec une compilation des techniques de Carl Sagan, Michael Shermer et Brian Dunning

Béotien et frotte-manches partie 2 : kit de détection de foutaises.

Carl Sagan, dans son ouvrage « The Demon-Haunted World: Science as a Candle in the Dark » définit ce qu’il appelle le « Baloney detection kit » (le détecteur de foutaises). Ceci se présente sous la forme d’une liste de signes caractéristiques des âneries exposées comme étant des vérités, mais qui sont totalement fallacieuses, malhonnêtes ou idiotes.

Cet ouvrage est un classique de la pensée critique et quiconque s’intéresse un peu à la science se doit de l’avoir lu. La méthode scientifique vulgarisée par un talent d’écriture rare. Malheureusement, cet ouvrage, n’est pas, à ma connaissance, traduit en français, ce qui est une honte.

Partant de ce kit, véritable boite à outil de la pensée sceptique, Michael Shermer en a publié une autre version en vidéo avec quelques variantes. Dans l’audio, ces deux versions ont des parties extrêmement pertinentes et utiles pour détecter l’imposture. En voici les principales :

1-Autant que possible, il doit y avoir des confirmations indépendante des faits : Si il n’y a qu’une personne qui affirme, méfiance…
2-Encourager les débats essentiels sur les preuves avec des tous les partisans compétents ayant des multiples points de vue. Attention au mot « Compétents » ! On parle de compétence dans le domaine !
3-L’argument d’autorité a peu de poids (il n’existe pas d’ « autorités » en science). Tout au plus il y a des experts dans un domaine qui sont statistiquement moins aptes à se tromper dans leur domaine d’expertise. Mais, avant tout, ce sont les données qui importent.
4-Lancer plus d’une hypothèse – ne pas simplement partir sur la première idée qui a accroché votre imagination. Bien sur, il faut que les hypothèses soient de la même « qualité ».
5-Essayer de ne pas trop s’attacher à un hypothèse seulement parce que c’est la votre. C’est humain, mais ca n’est pas parce que c’est votre idée qu’elle est juste. Et parler fort de son idée ne la rend pas plus juste non plus. Et critiquer les idées des autres ne rendent pas l’idée juste non plus (méthode habituelle des créationnistes vis à vis de la théorie l’évolution).
6-Quantifier, dans la mesure du possible. Quelque chose de non quantifiable n’a aucune valeur. Quantifier commence par mettre en avant l’existence du phénomène, ce qui n’est pas trivial. Autre aspect fondamental : toujours avoir une idée précise des ordres de grandeur manipulés.
7-Si il y a une chaine d’argument dans un raisonnement, tous les maillons de la chaine doivent fonctionner. Très important de ne pas oublier les prémisses, car nombre de magnifiques constructions intellectuelles sont fausses dès la première ligne à cause des suppositions (souvent non écrites explicitement) considérées par erreur comme évidentes.
8-Le rasoir d’Occam – Si deux hypothèses expliquent les données d’une manière équivalente, choisir la plus simple. Attention à bien comparer deux hypothèses ÉQUIVALENTES ! Attention aussi à la notion de « simplicité », ceci ne veut pas forcément dire plus simple à comprendre.
9-Demander si une hypothèse peu, tout du moins en principe, être falsifiable (démontrée comme fausse par un test non ambigu). En d’autres termes, est-ce testable ? Est-ce que d’autres peuvent dupliquer l’expérience et obtenir les mêmes résultats ? Fondamental. A partir du moment où une affirmation est construite pour être non falsifiable, la rejeter sans appel : on est dans une manipulation rhétorique. Le non falsifiable empêche de savoir si l’affirmation est vraie ou fausse. Dans l’audio, y a du boulot car le non-falsifiable traine dans tous les coins…

Michael Shermer ajoute celles-ci :

10-Quelle est la fiabilité de la source de la revendication ? En audio, qui est le plus fiable ? le forum public Delphi avec sa poignée de philosophes de comptoir  ou les publications de l’AES peer-reviewed ?
11-Est ce que quelqu’un a déjà tenté de réfuter la revendication ? Si personne n’a tenter d’invalider, c’est qu’il y a un problème. C’est le métier du scientifique de mettre à l’épreuve en permanence les théories.
12-Vers quoi tend la prédominance des preuves ? Si le prétendant est seul contre la convergence de preuves de « la science établie », c’est pas un complot, c’est que la revendication est fortement suspecte.
13-Est ce que le prétendant utilise les règles de la méthode scientifique ? Attention à bien différencier la vraie science à un ersatz qui en a l’apparence. La vraie science fournit des données et non des avis ou des constructions sémantiques.
14-Est-ce que le prétendant donne des preuves positives ? Très important, ca n’est pas parce que les autres ont tord que l’on a raison. Cette technique est utilisée à tour de bras.
15-Est ce que des croyances personnelles nourrissent la revendication ? C’est difficile, mais il faut se détacher des croyances. Seul les faits et les preuves ont une valeur. Avoir une conviction solide ou parler fort ne donne pas plus raison (c’est plutôt un cache misère).

Il existe bien d’autres variantes (dont celle particulièrement bien réalisée sous la forme d’un court-métrage de Brian Dunning « Here Be Dragons » à voir absolument, mais sans les sous-titres en Français pour l’instant), mais rien qu’avec ça, on peut sentir venir la foutaise de loin car il est quasi certain que ces règles seront bafouées sans vergogne, quelque fois d’une manière sincère, mais souvent par pure malhonnête intellectuelle. C’est difficile à appliquer. Cela demande de la discipline et quelque fois mettre son amour propre dans la poche. Par ailleurs, un raisonnement fallacieux peut se glisser à son insu, d’où l’importance des sources, des données et des faits. Sans cela, il est impossible de discerner le vrai du faux.

Et surtout, quand la preuve montre que l’on s’est trompé : changer d’avis. Difficile, mais l’amour propre blessé est peu par rapport au gain de connaissance que l’on a acquis.

Retenez bien ces règles, elles vont nous être utiles pour notre exemple final.

« Newer PostsOlder Posts »

Propulsé par WordPress.com.